Le vrai du fake. Œuvres contemporaines ou capuches en fourrure, elles hérissent les poils des défenseurs des animaux

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Vrai ou fake ? Marie Colmant et Antoine Krempf passent au crible deux infos repérées sur le web et les réseaux sociaux.

Le vrai : les défenseurs des animaux contre l'art contemporain

Le 6 octobre prochain le musée Guggenheim de New York inaugurera une rétrospective de l’art contemporain chinois depuis 1989, un hommage qui fait polémique L’exposition n’est pas encore commencée que déjà depuis trois jours, on s’écharpe gentiment sur les réseaux sociaux au sujet de trois œuvres qui font débat. La première est une vidéo de deux pittbulls qui se font face la gueule ouverte, retenus par deux tapis de course, la deuxième est un vivarium où s’ébattent de vrais reptiles qui mangent de vrais insectes, et enfin la troisième est une autre vidéo où deux cochons s’accouplent. Trois œuvres d’artistes contemporains chinois qui sont autant de métaphores, selon leurs auteurs, de la répression en Chine. Et alors allez vous me dire ? Et alors, ces œuvres sont insupportables pour les ligues de défense des animaux qui se sont mobilisées contre le musée Guggenheim, avec ce slogan : "torturer des animaux n’est pas de l’art".

Manifestations, pétitions en ligne pour obtenir le retrait des œuvres, jusqu’aux menaces de mort. Lundi, le musée Guggenheim annonçait qu’il retirait les œuvres pour garantir la sécurité du personnel, des artistes et des visiteurs, en concluant que le musée Guggenheim serait toujours le garant de la liberté d’expression des artistes. Si la décision du musée a calmé les amis des animaux, elle a en revanche suscité une volée de bois vert parmi les amis des artistes contemporains, et en premier lieu, le plus célèbre des artistes chinois, Ai Weiwei, accablé par la position du Guggenheim qui déclarait jeudi, "mettre la pression sur des musées pour qu’ils retirent des œuvres démontre une étroitesse de vue non seulement sur les droits des animaux, mais aussi et surtout sur les droits de l’homme." Ai WeiWei n’est pas le seul à s’enerver, d’autres directeurs de musée voient dans le geste du Guggenheim un inquiétant précédent, tel ce conservateur qui regrette que le musée new-yorkais ne se soit pas emparé de cet incident pour ouvrir le débat sur la fonction des musées et des œuvres d’art. Est-ce que cela veut dire pour autant que les artistes doivent renoncer à toute installation avec des animaux ?

Notons que de l’autre coté de l’Atlantique, à Venise où se tient la Biennale d’art contemporain, la gagnante de cette année s’appelle Anne Imhof, une artiste allemande, récompensée pour une installation où les visiteurs étaient accueillis par des dobermans qui aboyaient derrière une rangée de barbelés.

Le fake : des capuches en poil de chien

Vend-on en France des capuches en poil de chien ? Je suis tombé sur une photo assez bizarre sur Facebook et je ne suis pas le seul puisqu'en un mois, elle a été partagée plus de 20.000 fois. C'est une photo qui montre l'étiquette d'un vêtement dont on nous dit qu'il est vendu dans la chaîne de magasins Sport2000 et Intersport Et voilà ce qu'on y lit : "fourrure natuelle de chien viverrin. Origine de la fourrure : Chine méthode d'élevage". 

Mais il vaut mieux la relire une ou deux fois cette étiquette avant de partager. Et notamment la partie "fourrure naturelle de chien viverrin". C'est le mot viverrin qui compte. Mais qu'est-ce donc ? Une sorte de mélange entre chien et raton laveur. Rien à voir avec votre labrador. En France il est interdit de vendre de la fourrure venant d'animaux domestiques et d'espèces protégées, ce qui n'est pas le cas du chien viverrin.

Rien d'illégal donc mais ça reste de la fourrure animale et c'est l'autre raison du grand nombre de partages de cette photo d'étiquette. Des militants opposés à toute forme d'utilisation de fourrure animale domestique ou non et qui appellent au boycott de Sport2000 tant que ses magasins en vendront. Des pétitions sur le site Change.org récoltent en ce moment des milliers de signatures pour exiger le retrait des vêtements en question.

Le souci c'est que cette photo d'étiquette circule sur Facebook depuis maintenant plus de deux ans. Sport2000 s'était déjà engagé à ne plus vendre de fourrure animale au niveau national et à sensibiliser les gérants de ses magasins locaux à faire de même. De fait on ne trouve plus de trace de capuche ou de pompon en fourrure de chien viverrin dans le catalogue de l'enseigne. Mais pour l'instant rien n'y fait, la photo de l'étiquette leur colle au doigt comme un sparadrap.

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