Le vrai du fake. La boulette russe sur Kalachnikov et une mise au point sur le voyage de Philippe Croizon

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Vrai ou fake ? Marie Colmant et Antoine Krempf passent au crible deux infos repérées sur le web et les réseaux sociaux.

Le vrai : un sculpteur rend hommage à Kalachnikov et se trompe de fusil

L’affaire des statues commence le 22 septembre avec une de ces pièces colossales dont les Russes ont le secret. Neuf mètres de haut, pas moins, en plein centre de Moscou, pour rendre hommage à Mikhail Kalachnikov, l’inventeur de l’arme du même nom, décédé en 2013. Il fait aujourd’hui figure de héros national. L’inauguration, dans une des rues les plus passantes de la capitale russe, a eu lieu en grandes pompes : défilé militaire, chants patriotiques en présence du ministre de la Culture, mais aussi d’un prêtre orthodoxe convoqué pour bénir la statue qui culmine sur un bas-relief où figurent toutes les autres armes inventées par Mikhail Kalachnikov.

Une erreur de taille. Le sculpteur s’est trompé de fusil, comme le révèlent des dizaines de moscovites furieux qui ont relevé une colossale erreur. Au lieu de sculpter une Kalachnikov dans les bas-reliefs, l’artiste a représenté un autre fusil, un Sturmgewehr 44, un fusil d’assaut utilisé par les nazis. Très vite, l’artiste se confond en excuses et promet de rectifier très vite son travail. La rectification est en cours. Depuis samedi un trou énorme est apparu au pied, le fusil nazi a disparu.

Un buste dans un autre parc fait aussi réagir. Un nouveau problème de statues a émergé dans un autre jardin public de Moscou où sont alignés les bustes des anciens dirigeants de la Russie, des origines à nos jours. Trente-trois sont déjà en place. Vendredi, on inaugurait, en grandes pompes, avec le ministre de la Culture –un homme qu’on dit très cheval sur l’histoire –, les quatre derniers bustes réalisés, dont celui de Lénine et celui de Staline. À nouveau, fureur d'un certain nombre de Moscovites qui objectent à l’idée qu’on exhibe, dans un lieu public, le buste d’un homme qu’ils considèrent comme un assassin de masse. Ils craignent aussi que ce buste ne soit une nouvelle tentative de faire l’impasse sur ses crimes. Mais, contrairement à la statue de Kalachnikov, celle de Staline, un héros pour 38% des Russes le considérant comme l’homme qui a gagné la Seconde Guerre mondiale, ne bougera pas d’un pouce. "Il a bien dirigé la Russie, si je ne me trompe ?", a déclaré, exaspéré, le porte-parole du Kremlin. Le buste de Boris Eltsine est prévu pour 2018. Pas de date pour celui de Poutine...   

Le fake : une mise au point sur la mésaventure de Philippe Croizon dans un train

Philippe Croizon est un sportif, un aventurier, amputé des bras et des jambes. Il a traversé la Manche à la nage et piloté sur les pistes du Dakar. Il lui arrive de prendre le train. Samedi matin, sur son compte Facebook, il poste une photo de lui sur son fauteuil, à l’intérieur d’un train. 

Résultat : une avalanche de commentaires plus ou moins injurieux à l’encontre du contrôleur en question. Beaucoup racontent aussi leurs propres expériences avec la SNCF. L'histoire est relayée par des dizaines de médias ce week-end, avec des titres du genre : "Amputé des quatre membres, il est sommé de prouver son handicap dans le train".

Contrairement à ce que laisse entendre le message Facebook et les articles de ces derniers jours, le contrôleur n’a pas du tout demandé à Philippe Croizon, accompagné lors de son trajet, de prouver qu’il est handicapé. Il faut savoir que l’accompagnateur d’un voyageur handicapé avec une carte d’invalidité de 80% ou plus peut voyager avec la SNCF soit gratuitement, soit à prix réduit. La carte d'invalidité le précise. Pour savoir si l’accompagnateur de Philippe Croizon bénéficiait du bon tarif, il fallait bel et bien montrer sa carte d’invalidité.

Le contrôleur s’est sans doute montré un peu trop tatillon, mais en l’occurrence, il a simplement fait son travail. 

Un deuxième "fake" sur une rumeur autour du sida. Des rumeurs jouent sur la peur du sida. Voici une nouvelle légende urbaine absolument fausse. Un message partagé des dizaines de milliers de fois explique qu’il ne faut pas boire de Pepsi ces prochaines semaines parce qu’un employé de l’entreprise aurait injecté du sang contaminé dans les bouteilles. On le rappelle : le virus du sida ne survit pas en dehors du corps humain, et encore moins lorsqu’il est plongé dans du soda...

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