"Le tiers des salariés travaillent déjà le dimanche" ?

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Pour Olivier Besancenot, "on est en train de transformer une exception en règle. Il y a quand même un tiers des salariés qui travaillent le dimanche". Ce n'est pas ce que dit l'Insee.

La dernière livraison de la Dares sur le travail le dimanche est très claire : près d'un salarié sur cinq disent avoir travaillé au moins un dimanche en un mois, soit 4,2 millions de salariés en France. C'est donc beaucoup moins que l'estimation d'Olivier Besancenot.

Changement de méthode de calcul

A la décharge du membre du NPA, son chiffre était encore valable jusqu'en octobre dernier et la publication du bulletin de la Dares. Mais l'enquête Emploi de l'Insee, sur laquelle se base le ministère du Travail, a changé sa méthodologie.

Auparavant, le tiers des salariés français disaient avoir travailler régulièrement ou occasionnellement le dimanche sur l'année. Désormais, les chercheurs posent la même question mais sur une période d'un mois car "le travail occasionnel" le dimanche ne correspondait à "aucune fréquence mesurable".

Qui sont les salariés concernés ? 

Pour la plupart ce sont les Français qui assurent des missions de sécurité (vigile, gendarme, policier, etc.) On trouve aussi énormément de profession de santé : les aides-soignants, les infirmiers ou encore les aides à domiciles. Des activités dont dépendent la continuité du service public. 

Mais il y a aussi beaucoup de salariés dans les commerces. Le tiers des salariés des transports et de l'hôtellerie travaillent au moins un dimanche par mois. C'est aussi le cas de la moitié des cuisiniers des boulangers et des serveurs dans les cafés. Par contre, à l'heure actuelle dans les commerces qui ne s'occupent pas d'alimentaire, le travail dominical est encore l'exception. Moins de 15% des employés du secteur. Pour les enseignes de bricolage, on tombe à 1 salarié sur 10.

Des jeunes, des femmes et des horaires décalés

Les salariés qui travaillent le plus le dimanche sont également les plus précaires. La plupart des salariés français qui travaillent aujourd'hui aux moins deux dimanches par mois sont un peu plus jeunes que la moyenne, près du quart ont moins de trente ans. Il y aussi plus de femmes que d'hommes. Et puis ceux qui travaillent le dimanche sont aussi ceux qui ont le plus d'horaires décalés que ce soit le soir ou la nuit. Ils ont également des horaires très variables d'une semaine à l'autre.

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