VRAI OU FAKE Le syndicat Alliance a-t-il raison d'affirmer que 18 policiers sont blessés chaque jour en France ?

Stanislas Gaudon a déclaré sur franceinfo que 18 policiers étaient blessés tous les jours. Le chiffre est proche de la réalité mais il est aussi trompeur. 

Alors que des manifestations depuis plusieurs semaines dénoncent des violences policières, les forces de l’ordre répondent qu’eux aussi sont victimes de violences.  C’est ce qu’a affirmé Stanislas Gaudon, le porte-parole du syndicat Alliance Police nationale sur franceinfo mardi 16 juin : "On donne beaucoup la parole à des minorités notamment qui accusent de tous les maux les policiers, qui je le répète, payent un lourd tribut chaque année avec 18 collègues blessés par jour." Ce chiffre est plutôt vrai mais la manière de compter les blessures ne témoignent pas toujours de leur gravité. La cellule Vrai du faux vous explique. 

16 policiers blessés par jour 

Le chiffre que donne Stanislas Gaudon est presque le bon, même si on est plutôt autour d’une moyenne de 16 policiers blessés quotidiennement selon le dernier bilan annuel de l’Observatoire national de la délinquance (ONDRP) qui a été publié en 2018. Ce chiffre concerne les policiers qui sont en mission, c’est-à-dire au moment d’une interpellation ou d’une opération de maintien de l’ordre par exemple.

Au total, cette année là, un peu plus de 6 000 policiers sur le terrain ont été blessés. Le rapport ne donne pas de détails sur la gravité des blessures mais précise que dans un peu plus d'un cas sur dix, c’est lié à une arme. 

L’Observatoire de la délinquance note aussi que les policiers sont de plus en plus blessés avec une hausse de 15% en 2018 mais contrairement à ce que laisse entendre Stanislas Gaudon du syndicat Alliance, ces blessures ne témoignent pas forcement toutes d’une agression. 

Toutes les blessures comptabilisées 

Parmi les 6 000 policiers concernés, un peu plus d’un millier se sont blessés de manière accidentelle en mission. L’Observatoire national de la délinquance, qui compile chaque année le nombre de victimes et de blessés chez les forces de l’ordre, rappelle que toutes les blessures sont comptabilisées même si elle ne débouche pas sur un arrêt de travail. 

Par exemple, si on prend les policiers en service, c’est-à-dire en poste mais sans participer à une intervention, ils représentent un peu plus de la moitié des blessés dans les effectifs de police. Mais dans plus de 40% des cas, les blessures sont d’origine accidentelle ou ont lieu en voiture, y compris sur le trajet domicile-travail. Près de 20% sont liées au sport, par exemple un policier qui va se fouler la cheville lors d’un entraînement. 

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