Jean-Luc Mélenchon dit-il vrai sur le couple croissance-emploi ?

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Le coprésident du Parti de Gauche affirme qu'à "0,8% de croissance, le chômage est à peu près stable" en France. Vrai ou faux ? Réponse ici.

Vrai

C'est à partir de 0,8% de croissance que l'économie française commence à créer des emplois, d'après l'observation de la conjoncture sur la période 2000-2008, une période relativement stable, avant la crise.
Mais pour faire baisser le chômage, il faut passer un deuxième seuil. Denis Ferrand, le directeur de l'institut Coe-Rexecode, explique que "pour passer de créations d'emplois à un recul du chômage, il faut aussi prendre en compte l'évolution de la population active. Celle-ci progresse de 0,4 à 0,5% par an. Donc au pire, c'est à partir de 1,5% de croissance que l'on peut avoir une réduction du chômage et au mieux, si on prend les meilleurs évaluations du passé, cela pourrait être à partir de 1,2% de croissance".

Productivité...  

Alors, pourquoi les économistes disaient qu'il fallait 3% de croissance pour faire baisser le chômage il y a 20 ou 30 ans ?
Cela s'explique par la productivité. Quand la productivité augmente de 1% par an, il faut 1% de personnes en moins chaque année pour produire la même chose. 

Forte...

Dans les années 80, les gains de productivité étaient assez forts. On gagnait entre 2% et 2,5% par an. Il fallait donc plus de croissance pour créer les emplois dans une économie ou l'industrie était forte (les gains dans l'industrie étaient importants). Ensuite, les choses ont changé et les gains de productivités ont diminué.

Puis faible

Denis Ferrand précise qu'on a "vraiment un fléchissement de ce seuil de croissance à partir duquel on a des créations d'emploi. C'est ce que les économistes appellent l'enrichissement du contenu en emplois de la croissance. C'est un phénomène qui a été tendanciel au cours des 30 dernières années et qui reflète ce ralentissement des gains de productivité".
Depuis plusieurs années, dans une économie moins industrielle avec un part importante des services, les gains de productivité sont faibles, moins de 1%. Et la croissance nécessaire pour faire reculer le chômage est donc moindre.

En tout cas, une chose est sure. Actuellement, avec la récession, la perspective de création d'emplois s'est encore éloignée.

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