Henri Guaino dit-il vrai sur la droite, la gauche et l'Europe ?

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Le député UMP affirme que "la question européenne n'est pas une affaire de partis, de droite et de gauche. Ca dépasse les clivages. A chaque fois que la question de l'Europe a été posée, une partie de la droite a voté avec une partie de la gauche et une partie de la gauche a voté comme une partie de la droite". Vrai ou faux ? Réponse ici.

Vrai

S'il y a un sujet sur lequel on peut dire que droite et gauche ne veulent plus dire grand chose, c'est bien l'Europe.

Maastricht

Les clivages sont devenus visibles lors d'une étape cruciale de la construction européenne en 1992 lors de la campagne pour le référendum sur le traité de Maastricht, qui donne naissance à l'Union européenne avec une coopération renforcée entre les Etats membres.

A gauche, le président François Mitterrand soutient le texte, tout comme la majorité du PS. En revanche, Jean-Pierre Chevènement appelle à voter contre. Le PC est contre lui-aussi.

Mais, c'est à droite que les clivages sont les plus forts. Le RPR est divisé. Philippe Séguin se rapproche de Charles Pasqua pour s'opposer au traité. En revanche, Jacques Chirac et Edouard Balladur sont pour. A l'UDF, Valery Giscard d'Estaing est pour mais Philippe De Villiers est contre.  
Résultat en 1992 : Chirac et Balladur votent comme Mitterrand et Giscard. Et Pasqua et Seguin votent comme Chevènement, les communistes, Villiers et le Front national... Et le "oui" l'emporte de justesse.

2005

La victoire du "non" au référendum sur traité constitutionnel européen est un coup de tonnerre dans la classe politique. 
A gauche, le PS est à son tour gagné par l'euro division. Laurent Fabius, pilier du PS, appelle à voter "non", comme Henri Emmanuelli et Jean-Luc Mélenchon, qui fait campagne pour aux cotés de la communiste Marie-George Buffet, d'Olivier Besancenot et de José .   

A droite, il y a moins de divisions en 2005. Jacques Chirac est président avec l'UMP qui s'est prononcée pour le "oui" à 90% lors d'un conseil national. Reste que Nicolas Dupont-Aignan et Christine Boutin appellent à voter "non". Le FN est contre.    

Parlement européen et majorités surprenantes

L'Europe a fait surgir de nouveaux clivages dans le débat national. D'une autre manière, au Parlement européen, on s'aperçoit que droite et gauche peuvent voter ensemble assez souvent. 

Une étude de la fondation Robert Schuman a épluché les votes des eurodéputés français de Strasbourg entre 2009 et 2014. On s'aperçoit qu'il y a trois types de majorités au Parlement européen. 

Majorité de confrontation où droite et gauche s'opposent (30% des votes).  Majorité de grande coalition où droite et gauche s'unissent pour voter contre les extrêmes. (30% des votes) Majorité de consensus (40% des votes). Tous les députés votent pareils, qu'ils soient issus du PS, de l'UMP, du MoDem, des Verts, du Front national ou du Front de gauche.