François Bayrou dit-il vrai sur le poids des extrêmes et du centre ?

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Le patron du MoDem affirme que l'addition "des score de Marine Le Pen ou de son père, de l'extrême gauche et des miens sur les trois dernières élections présidentielles, ça fait près de 40% des voix à chaque fois". Vrai ou faux ? Réponse ici.

Vrai

Même si l'affirmation est légèrement exagérée, l'examen des résultats des trois dernières présidentielles montre que l'addition des voix de François Bayrou, de l'extrême gauche et des candidats Front national flirte avec les 40%.

2012

Marine Le Pen a engrangé 17,9 % des voix au premier tour de l'élection présidentielle.  
François Bayou : 9,13%
L'extrême gauche : 12,81% avec :
-Jean-Luc Mélenchon : 11,1%
-Philippe Poutou : 1,15%
-Nathalie Arthaud : 0,56%  

Le total de ces candidats : 39,84 % des voix.

2007

François Bayrou est arrivé devant le candidat du Front national Jean-Marie Le Pen.  
Le patron du MoDem a totalisé à l'époque 18,57% des suffrages.
Jean-Marie Le Pen, victime de l'effet Sarkozy, ne rassemble que 10,44% des voix
L'extrême gauche : 8,66% avec :
-Olivier Besancenot : 4,08%
-Marie-George Buffet : 1,93%
-José Bové : 1,32%
-Arlette Laguiller : 1,33%
 
Total de ces trois forces : 37,67 % 

2002

La première déflagration Le Pen entraine l'élimination de Lionel Jospin au 1er tour.  
Jean-Marie Le Pen : 16,86% des voix
François Bayrou : 6,84%.
L'extrême gauche : 13,34% avec :
-Robert Hue : 3,37%
-Arlette Laguiller : 5,72%
-Olivier Besancenot : 4,25%

Total du FN, de l'extrême gauche et de François Bayrou : 37,04%

Législatives  

Reste que les scores de l'élection présidentielle ne sont pas ceux des élections législatives. La démonstration de François Bayrou perd de sa force quand on sait que l'extrême droite, l'extrême gauche et le centre réalisent de résultats bien plus modestes aux législatives.

Le politologue Pascal Perrineau, patron du Cevipof, rappelle que "toutes ces forces de protestation en dehors du système ou dans le système (comme c'est le cas avec François Bayrou et le MoDem) sont des forces isolées. Elles ne rentrent pas dans des alliances de gouvernement. Or, sous la Ve République, on élit la plupart du temps nos députés au scrutin majoritaire à deux tours et ce scrutin exige, pour que ces partis soient représentés, qu'ils entrent dans de coalition de gouvernement. Or ce n'est pas le cas pour l'extrême gauche, pour le Front national, et pour ce centrisme qui se veut autonome, indépendant qu'est le MoDem de François Bayrou".

Proportionnelle

Pour changer cette situation, il faudrait une représentation proportionnelle à l'Assemblée nationale. Ce serait plus équilibré, mais moins efficace et plus dangereux selon Pascal Perinneau. Le patron du Cevipof rappelle les dysfonctionnement de la IVe République quand les petits partis faisaient la loi, quand les coalitions gouvernementales se fabriquaient dans les couloirs de l'Assemblée et que le peuple en était finalement exclu.

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