Fleur Pellerin dit-elle vrai sur le financement de la fibre optique ?

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La fibre optique au point mort en France : le gouvernement Fillon n'avait pas prévu le premier euro pour "fibrer" l'Internet français, affirme la ministre déléguée à l'Economie numérique. Vrai ou faux ?

Vrai.

Et d'ailleurs la Cour des comptes l'a
pointé dans un rapport rendu le mois dernier.

Un bémol tout de même : le gouvernement Fillon avait créé, et financé, deux
expérimentations d'installation de la fibre en zone rurale, à Aumont-Aubrac (Ardèche) et Chevry-Cossigny (Seine-et-Marne). Ces deux expériences ont montré l'appétence des ruraux pour le très haut débit
: une grande majorité des habitants s'est abonnée à la fibre dans les jours qui
ont suivi le raccordement de leur village. Ce qui n'est pas le cas en zone
urbaine, où le taux de conversion est bien plus faible. "Les gens ne comprennent pas très bien pourquoi avoir de la fibre optique alors qu'ils ont déjà un très bon débit avec l'ADSL", explique Jean-Michel Billaut, expert du numérique, fondateur du centre de veille technologique L'Atelier
BNP Paribas
.

Services publics 2.0

Il vaudrait donc mieux commencer par "fibrer" les zones rurales dont, paradoxalement, on peut penser qu'elles ne sont pas rentables. D'autant que, "comme notre pays a beaucoup moins d'argent pour y maintenir des services publics à la sauce traditionnelle, avec des réseaux optiques et surtout des outils 2.0, on pourrait y mettre sur pied des services publics beaucoup plus évolués qu'en ville", poursuit Jean-Michel Billaut.

"Les opérateurs téléphoniques veulent cadenasser le client" (Jean-Michel Billaut)

Reste la question du financement de
ces infrastructures THD (très haut débit). Les opérateurs téléphoniques ne
veulent pas payer — d'ailleurs, ils n'ont plus les marges pour le faire, l'Etat
n'a plus d'argent et pour couronner le tout, un imbroglio législatif empêche
toute initiative locale visant à autofinancer l'installation de la fibre. Les collectivités locales doivent d'abord solliciter les opérateurs téléphoniques, qui ont cinq ans pour répondre. "Ce qui fait que pendant cinq ans, le marché est gelé. Il y a tout un lobbying des opérateurs privés qui veulent être propriétaires du fil et des services qu'ils mettent dans le fil ; ils veulent cadenasser le client", explique Jean-Michel Billaut.  

Pendant ce temps aux Etats-Unis, c'est Google qui avance
ses pions : Kansas City a été fibrée par Google Fibre avec un très très haut débit.
Et la firme quasi hégémonique commence à lorgner sur l'Europe.