Christian Jacob dit-il vrai sur l'effondrement du PS et le FN ?

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Le patron des députés UMP affirme : "L'effondrement du PS fait qu'il y a un report sur le FN. L'UMP n'a pas d'évaporation vers le FN. C'est la gauche qui alimente le FN en ce moment". Vrai ou faux ? Réponse ici

Faux

Car Christian Jacob est trop définitif sur ses trois déclarations.

Le PS et le FN

Dans sa manière de présenter les choses, Christian Jacob accrédite l'idée qu'étant donné que le PS s'est effondré et que le FN a réalisé un bon score, c'est qu'il y a eu un transfert mécanique d'électeurs PS vers le FN. Or c'est plus compliqué, d'après les instituts de sondage, Ifop et Ipsos, qui ont scruté les élections municipales.

Si le PS s'est effondré, c'est d'abord parce que son électorat a boudé les urnes. C'est l'abstention sanction. Après, il est vrai que des électeurs PS ou de gauche ont basculé vers le FN dans les quartiers populaires où le Front national a été très fort. Mais il faut se méfier des effets trompe l'œil.

Jerôme Fourquet, le directeur du département opinion de l'Ifop, explique que dans ces quartiers populaires, le FN a fait "ses meilleurs résultats, certes d'une part parce qu'il a mordu un petit peu sur l'électorat populaire de la gauche, mais aussi, surtout et d'abord parce qu'il a bien mobilisé son électorat dans ces quartiers pendant que l'électorat populaire de gauche s'abstenait massivement ".

UMP et FN

Si le FN recrute plus d'électeurs venus de la gauche que par le passé, il recrute aussi à droite depuis longtemps et les passerelles sont plus nombreuses entre droite et FN qu'entre gauche et FN.
Lors de certaines triangulaires des municipales, Ipsos et Ifop ont noté ceci : dans les communes où le FN est arrivé devant la droite au premier tour, le score du Front national a progressé d'un tour à l'autre comme si une partie de l'électorat de droite avait voté pour le FN afin de battre la gauche.

Stephane Zumsteeg, le directeur du département opinion d'Ipsos rappelle à ce sujet que "quand on demande aux électeurs de l'UMP s'ils seraient favorables pour gouverner des exécutifs locaux à des alliances UMP-Front national, près de la moitié de l'électorat de la droite classique dit être favorable à ce genre d'alliance ".

La gauche et la droite alimentent le FN 

Christian Jacob dit vrai quand il affirme que la gauche alimente le Front national. Mais c'est aussi vrai pour la droite.
Cette fois-ci, aux municipales, le FN a progressé après presque deux ans de pouvoir socialiste.
En 2012, à l'élection présidentielle, Marine Le Pen a engrangé près de 18% des suffrages, c'est à dire mieux que son père, alors que la droite venait de passer dix ans à la tête de l'Etat.  

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