Arnaud Montebourg dit-il vrai sur les promesses de Mittal ?

Le ministre du Redressement productif accuse le groupe sidérurgique de ne pas avoir tenu ses engagements pris en 2006. Vrai ou faux ? Réponse ici.

Vrai   

En juin 2006, quand le groupe indien Mittal reprend Arcelor, il s'engage d'abord à ne procéder à aucun plan social ni restructuration en Europe.
Or en janvier 2008, ArcelorMittal annonce la fermeture de l'aciérie de Gandrange.  
2009 : un premier haut-fourneau est arrêté temporairement à Florange.  
2011 : le groupe annonce la fermeture des hauts-fourneaux de Liège, en Belgique.
2012 : il annonce de la fermeture définitive des hauts-fourneaux de Florange.

Que s'est il passé ?  

D'abord, la crise économique frappe très durement l'automobile et le bâtiment, deux secteurs très gourmands en acier en temps normal.  
Ensuite, la Chine produit de l'acier en quantité et concurrence très durement la production européenne.
Enfin, le prix du minerai de fer est multiplié par sept entre 2003 et 2012 et plombe les marges des sidérurgistes. Aujourd'hui, ArcelorMittal accuse une dette de 18 milliards d'euros.

Mittal se justifie

Cette situation de crise permet à ArcelorMittal de répondre à une autre accusation d'Arnaud Montebourg. Le ministre reproche au groupe d'avoir trahi sa promesse d'investir dans les hauts-fourneaux de Florange.
En 2009, une convention a été signée entre les collectivités territoriales et ArcelorMittal. Le groupe prévoyait une réfection des 2 hauts-fourneaux de Florange. Mais pour cela, il fallait que "les perspectives économiques à moyen et long terme soient favorables". Ce qui n'est plus le cas aujourd'hui, affirme ArcelorMittal en s'abritant derrière le paragraphe/parapluie.

Il y a 10 ans déjà

Pour finir, il est intéressant de remonter presque 10 ans en arrière.  
Dés 2003 : Arcelor, numéro 1 mondial de la sidérurgie, prévoyait de fermer de manière graduelle six hauts fourneaux européens, notamment ceux de Florange en 2009 et 2010. Le groupe estimait alors que les sites concernés étaient trop loin des ports qui importent le minerai de fer, donc pas assez compétitifs face à des sites comme Dunkerque et de Fos-sur-Mer.   
Ce douloureux plan de restructuration a été abandonné quand Mittal a repris Arcelor en 2006, faisant les promesses que l'on sait.

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