Alain Finkielkraut et "la crise de l'intégration" à Villers-Cotterêts

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Pour le philosophe et tout nouvel élu à l'Académie française, la ville de l'Aisne est confrontée à "une crise de l'intégration" : "Tout le monde s'inquiète que cette ville est passée au Front national, mais il faut savoir que : la maison du maître d'école a été vendue par la mairie et est devenue une mosquée, le restaurant savoyard est devenu un kebab et que la boucherie est devenue halal". Vrai ou faux ?

Premier élément : la maison du maître d'école vendue par la mairie pour en faire une mosquée

C'est vrai que la ville a vendu un terrain à l'association culturelle et cultuelle islamique il y a une vigntaine d'année. Mais le lieu de culte musulman est une simple salle de prière et pas une mosquée, il n'y a pas de minaret. Par ailleurs, le terrain n'accueillait pas la maison du maître d'école mais plusieurs logements de fonctions d'instituteurs. Le philosophe exagère donc un peu.

Deuxième point : le restaurant savoyard est devenu un kebab 

C'est vrai. Le restaurant au Petit savoyard a fermé ses portes en 2011 et le nouveau propriétaire vend effectivement des kebabs mais aussi des pizzas. 

Ces deux dernières années, d'après les chiffres de la chambre de commerce et d'industrie de l'Aisne : quatre restaurants traditionnels ont fermé pour cinq ouvertures de fast food, dont un vendeur de pâtes et un traiteur chinois. Ça ressemble moins à une crise de l'intégration qu'à une crise de l'alimentation.

La boucherie de Villers-Cotterêts serait devenue halal

C'est faux. D'abord, il n'y a pas une mais deux boucheries actuellement à Villers-Cotterêts. La première est une boucherie chevaline qui propose aussi du porc. Quant à la deuxième enseigne,  la perspective de vendre de la viande halal fait beaucoup rire le commerçant. 

Le mauvais argument du FN à Hénin-Beaumont

France Info vous le révélait la semaine dernière : Steeve Briois; le nouveau maire FN de la ville ne veut plus financer la section locale de la ligue des droits de l'homme. Et voici l'argument avancé par Florian Philippot, vice-président du Front national : 

"Vous n'avez pas le droit de financer avec des fonds publics une association partisane qui fait de la politique, c'est interdit par la loi de la République. "

C'est vrai, mais c'est quand même un raté pour le FN.. Rappel de la loi avec Brigitte Clavagnier, avocate spécialiste en droit des associations :

"Toute subvention à une association qui présente un caractère politique ou partisan est illégale. Mais cela ne veut pas dire que toute action menée en parfaite illégalité rend l'association illégale. C'est la part de subvention spécifiquement affectée à l'activité partisane qui est illégale ". 

Or, la Ligue des Droits de l'homme n'a pas d'objet strictement politique dans ses statuts. Elle n'a pas touché d'argent public pour sa prise de position pendant les municipales à Hénin-Beaumont. Et on peu considérer que, par exemple, son concours de poésie annuel participe de l'intérêt général de la commune. 

En clair : le Front national a tort en voulant justifier une décision qu'il aurait pu prendre sans rien dire puisque les subventions aux associations sont à la discrétion des conseils municipaux.

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