Non, les Panama Papers n'ont pas révélé que le roi d'Arabie saoudite avait financé Benyamin Netanyahou

C'est la rumeur qui circule en ce moment sur les réseaux sociaux et sur les sites du Moyen Orient : le roi Salmane aurait financé la campagne du Premier ministre israélien en 2015. Sauf que les Panama papers n'en parlent pas. Intox.

Que dit la rumeur ?

C'est une citation soit-disant trouvée dans les fameux Panama papers. Elle est publiée sur un site basé en Turquie, The Middle East Observer. La petite phrase est attribuée à l'un des chefs de l'opposition travailliste israélienne, Isaac Herzog : "En mars 2015, le roi Salmane a déposé 80 millions de dollars pour soutenir la campagne de Netanyahou ", dit-elle. Le Premier ministre israélien était alors en campagne pour sa réélection et l'argent aurait été déposé sur un compte aux Îles Vierges britanniques. La rumeur était d'autant plus habile que Benyamin Netanyahou a fait plusieurs déclarations sur le thème "l'Arabie saoudite est un allié et non un ennemi".

Et la rumeur de courir : partagée environ 27 000 fois sur Facebook, repris par d'autres sites anglophones ou arabophones, par un politicien britannique hostile à la, politique israélienne ou par une auteur et chanteuse indonésienne très suivie sur les réseaux sociaux. 

Pourquoi c'est faux ?

Le roi Salmane d'Arabie saoudite apparaît en effet dans les Panama papers. Mais selon les informations révélées jusqu'ici par les journalistes qui ont décortiqué cette masse de documents, il n'est questions "que" de l'achat de résidences de luxe à Londres et d'un yacht. Il n'y a aucune trace d'un transfert d'argent au bénéfice du Premier ministre israélien.

Le média qui "sort" cette information, le site The Middle East Observer, ne fait pas partie du consortium de journalistes d'investigation ICIJ, qui constitue la seule source concernant les informations qui proviennent de ces documents. Il ne répond par ailleurs à aucune sollicitation pour s'expliquer.

Enfin, celui par qui le scandale est soit-disant arrivé, Isaac Herzog, a fait démentir à au moins deux reprises avoir jamais prononcé une telle allégation. Il l'a notamment dit à un journaliste israélien spécialisé dans les questions de renseignement, qui a obtenu l'équivalent du prix Albert Londres en Israël, Yossi Melman.