Le sens des mots. "Baccalauréat", la victoire des jeunes adolescents

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Tout l'été sur franceinfo, Marina Cabiten et la sémiologue Mariette Darrigrand s’arrêtent sur les termes qui ont marqué l’actualité de l’année écoulée. Aujourd'hui, le baccalauréat.

Drôle d’année pour le baccalauréat : une réforme difficile à mettre en place, des perturbations en janvier lors des épreuves de contrôle continu, et puis évidemment la suppression des épreuves de fin d’année, frustrante pour certains élèves. Le mot baccalauréat contient pourtant une belle image, explique Mariette Darrigrand, sémiologue spécialisée dans l'analyse du discours médiatique et dirigeante du cabinet Des faits et des signes.

Mariette Darrigrand : Il fait référence aux lauriers avec leurs jolies feuilles vertes posées sur la tête du lauréat. Comme sur la couronne de Jules César, qui avait vaincu et pouvait triompher. Toutefois, le plus intéressant est le mot bachelier.

franceinfo : Un titre réservé au départ aux garçons, tout comme l’examen. Les filles peuvent passer le même bac que les garçons seulement depuis 1924, soit 116 ans après la création du diplôme. Il y a depuis des bachelières, mais finalement ce mot du vocabulaire médiéval n’est pas très adapté aux femmes.

Le bachelier est au départ un apprenti-chevalier. Il est donc très jeune, adolescent et doit apprendre certaines pratiques comme manier les armes ou monter à cheval avant d’être adoubé. Il doit aussi acquérir les codes, savoir se comporter, y compris pour trouver une femme. Pensons au terme anglais bachelor : le fiancé !

Un terme popularisé il y a quelques années par une émission de télé. Mais pour les deux sexes, le bac porte en lui cette idée de rite de passage entre l’adolescence et l’âge adulte. Ce que disent bien nos cousins italiens qui l’appellent la maturita.

Une très belle notion pour désigner ce cap franchi par les jeunes. Un terme surprenant pour nous car le français, avec "maturité", appuie sur le vieillissement alors que l’italien garde le lien direct avec le latin. Maturitas vient de matus, le matin, le moment idéal pour moissonner le blé, au tout début de l’été.

Vous êtes à nouveau en ligne