Le rendez-vous du Particulier. Voitures électriques et rétrofit : transformer sa voiture en électrique

Si vous rêvez de rouler en électrique, mais que vous n’avez pas les moyens d’acheter un véhicule neuf, vous pouvez désormais transformer votre voiture diesel ou essence et changer le moteur. Des aides peuvent vous y inciter. Mais seuls les véhicules homologués y sont autorisés. 

Comment on s’y prend pour transformer son véhicule diesel ou à essence en voiture électrique ? Et combien ça coûte ?

Pascal Frasnetti, chef de rubrique consommation pour le magazine Le Particulier, le mensuel du groupe Figaro, a enquêté sur le sujet. Il nous explique que le gouvernement permet désormais aux particuliers de procéder à cette conversion de leur moteur de voiture. C'est ce qu'on appelle le rétrofit. Mais seuls certains véhicules sont éligibles.

franceinfo : Alors la transformation de son véhicule en modèle électrique, d’abord c’est possible depuis quand ?

Pascal Frasnetti : En fait, depuis toujours, mais avant, il fallait soit obtenir l’accord du constructeur pour faire homologuer le véhicule transformé, une mission quasi impossible, soit faire passer son véhicule individuellement devant la direction régionale de l’environnement, les Mines, comme on disait avant, donc une procédure longue et très coûteuse.

Depuis le 4 avril 2020, en revanche, le gouvernement permet de transformer les véhicules à grande échelle. Si vous voulez, il suffit de faire valider par l’homologateur Utac-Ceram un kit de conversion pour un même modèle ou un même châssis, ce qui permet donc les conversions en série. Donc plus besoin de faire passer tous les véhicules sur les bancs de tests. Attention néanmoins, cette homologation va prendre du temps, d’autant que le coronavirus a retardé les premiers agréments qui ne sont pas attendus avant la fin de l’année.

Tous les véhicules sont-ils concernés par cette transformation ?

Non, ce n’est pas pour tout le monde. Seuls les véhicules de plus de 5 ans sont concernés. Et puis, il faut attendre que les entreprises spécialisées fassent agréer des modèles. Elles vont commencer par des petites citadines : les premiers véhicules concernés par le rétrofit seraient la Fiat 500 et la Renault Twingo 2. Pour les autres modèles, la transformation n’est pas acquise car les batteries coûtent très cher et l’opération ne serait pas rentable pour un particulier.

Alors, si on possède un modèle concerné, comment on procède ?

La procédure devrait être relativement simple : d’ici la fin de l’année, vous pourrez vous rendre dans un garage avec qui l’installateur aura passé un accord: il devrait y avoir des garages couvrant tout le territoire. L’opération exige environ 8 heures de travail à l’atelier. Le véhicule est ensuite livré avec son nouveau certificat d’immatriculation et sa nouvelle vignette Crit’Air verte, donc réservée aux véhicules électriques. Les installateurs proposeront aussi une garantie, notamment sur les batteries.

Et combien va coûter l’opération ?

On évoque un budget de 10 à 12 000  euros pour un petit modèle. Donc un tarif moins coûteux que l’achat d’un véhicule électrique neuf. Mais attention, l’autonomie moyenne d’un véhicule rétrofité, avec une batterie classique de 15 kW installés, ne dépassera pas 100 à 120 kilomètres. Donc, c’est parfait pour aller en voiture au bureau, mais le véhicule ne répondra pas,à tous les usages. L’association des acteurs de l’industrie du rétrofit électrique estime que le nouveau moteur permettra d’économiser en moyenne 5 à 7 euros tous les 100 kilomètres. L’objectif, c’est de rentabiliser l’opération en moins de 5 ans.

Existe-t-il des aides pour faire baisser ce coût ?

Oui, ça c’est l’autre nouveauté, depuis le 1er juin, les particuliers peuvent bénéficier d’une aide, au titre de la prime à la conversion. Donc le gouvernement a décidé d’inclure le rétrofit à son plan de soutien à la filière automobile, annoncé par le président Macron le 26 mai. Les foyers aux revenus très modestes (à savoir un revenu fiscal de référence par part inférieur à 18 000  euros) peuvent obtenir jusqu’à 5 000 euros, avec un plafond de 80% du prix de la transformation. Pour les ménages aux revenus supérieurs à ce seuil, la prime tombe à 2500 euros. Attention, la prime n’est acquise que si vous ne revendez pas votre véhicule dans les six mois, ni avant d'avoir parcouru au moins 6 000 kilomètres.

Alors les installateurs espèrent aussi des aides locales : en avril, la ville de Grenoble a été la première à proposer une aide au rétrofit, pour l’instant réservée aux véhicules utilitaires (cette aide peut atteindre jusqu’à 4 000 euros pour un petit utilitaire). On peut imaginer que ces aides s’étendent rapidement aux véhicules particuliers.

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