Le rendez-vous de la médiatrice. Le traitement sur franceinfo des événements du 1er mai à l’hôpital Pitié Salpêtrière

De nombreux messages d’auditeurs ont interpellé la médiatrice des antennes de Radio France sur le traitement par franceinfo des événements de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière le 1er mai dernier. 

Un certain nombre d'auditeurs et d'internautes ont écrit à la médiatrice des antennes de Radio France, Emmanuelle Daviet, au sujet du traitement sur franceinfo de la séquence de l'hôpital Pitié Salpêtrière le 1er mai dernier. Pour en parler au micro de la médiatrice, Richard Place, directeur adjoint de la rédaction de franceinfo.

Lettre d'un auditeur 

"Fidèle auditeur de franceinfo, je suis aujourd’hui profondément choqué et scandalisé par le traitement des événements du 1er mai à l’hôpital Pitié Salpêtrière, présentés comme une "attaque". Il est clair maintenant, qu'il ne s'agissait pas d'une "attaque", mais d'un mouvement de repli de manifestants face aux forces de l’ordre.

Doit-on en conclure que vous diffusez des informations sans aucune vérification ou, pire, que vous êtes un simple relais d'une communication du gouvernement. Ce dernier postulat vous réduirait alors à un simple organe de propagande. Quelle que soit la réponse (incompétence ou organe de presse gouvernemental), c'est réellement inquiétant."

Emmanuelle Daviet : Que répondre à cet auditeur  ? Que s’est-il passé ce 1er mai ?

Richard Place : À l'instant où cela s'est produit nous n'avions pas de journaliste sur place. Il faut donc remonter le fil, comprendre ce qui s'est passé. À 20h, Christophe Castaner prend la parole, nous diffusons sa déclaration en précisant bien qu'il s'agit du ministre de l'Intérieur. Ce n'est pas franceinfo qui le dit mais bien le ministre.

Le lendemain Martin Hirsch, le patron des Hôpitaux de Paris,  invité de franceinfo, parle d'une situation dramatique qui a été évitée de justesse. Mais nous diffusons aussi des interviews qui donnent le début d'une autre version. Nous continuons à enquêter sur la journée du 2 mai en étayant nos informations qui vont nous permettre de raconter une autre histoire.

Un journaliste de franceinfo refait donc le film de ce qui s'est réellement passé minute par minute, durant les événements de la Pitié Salpêtrière. Ce qui montre bien que les propos de Christophe Castaner et de Martin Hirsch ne sont pas exacts.

Emmanuelle Daviet : "Les auditeurs et internautes ont été également très nombreux à m'interpeller en dénonçant une manipulation de l’information notamment sur le site de franceinfo avec la publication d’une photo sans lien avec les faits de la Pitié Salpêtrière. Sur cette photo, une épaisse fumée blanche, une grille noire, trois individus, l’un avec un gilet jaune, deux autres cagoulés habillés en noir, l’un d’entre eux tenant une barre de fer en direction de la grille".

Des internautes pensent qu’il y a là une volonté d’orienter l’information. Qu’en est-il exactement ? Comment justifier le choix par exemple d'une photo sans lien avec les événements réels ?

Le choix d'une telle photo est une erreur, mais il n'y a pas de volonté de désinformation. Il y a un mea culpa. La photo a été changée très rapidement. Les faits montrés sur cette photo se produisent un peu plus tôt, à peu près au même endroit.

Comment avez-vous débriefé cette séquence au sein de la rédaction ?

On refait le film, on essaie d'enquêter pour savoir quel processus a mené à cette erreur. L'encadrement n'a pas joué son rôle.

Est-ce que c’est susceptible d’entraîner des changements particuliers de vos méthodes de travail ?

Sincèrement, nous nous remettons en question quotidiennement, grâce aux conférences de rédaction, où l'on parle des sujets et de la manière de les traiter. On n'est jamais totalement content de ce que l'on produit.

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