Le rendez-vous de la médiatrice. Le traitement de la Coupe du monde féminine de football sur franceinfo

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Radio France accompagne tous les grands événements sportifs avec une attention toute particulière pour le sport au féminin.

franceinfo et France Bleu vous proposent de suivre la Coupe du monde féminine de football depuis le 7 juin et jusqu'au 7 juillet. Les auditeurs réagissent à cette couverture. Pour leur répondre, Emmanuelle Daviet, la médiatrice des antennes de Radio France, reçoit Vincent Rodriguez, directeur des sports à Radio France.

Coupe du monde féminine / Coupe du monde masculine

"Je soutiens avec ferveur l'équipe féminine mais les médias n’arrêtent pas de répéter que ça va être aussi bien qu'en 2018. On a l'impression d'une méthode Coué pour forcer le public à croire qu'il n'y aurait aucune différence. Peut-on être réaliste et pragmatique sur l'attraction moins forte que suscite le sport féminin en général, la preuve d’ailleurs, c’est qu’ il y a moins d’argent en jeu," écrit un auditeur.

Viencent Rodriguez : Il peut nous arriver ponctuellement de faire allusion aux Bleus de Didier Deschamps, champions du monde à Moscou il y a un an, mais nous n’avons pas d’intérêt à trop insister sur l’analogie garçon/filles. Les joueuses de l’équipe de France sont en train d’écrire leur propre histoire. Ce sont deux parcours différents. Avec peut-être à l’arrivée, une coupe du monde pour l’équipe de France féminine. C’est ce qu’on leur souhaite. Et si c’est le cas, on pourra dire que les filles ont fait aussi bien que les garçons.

"Nous essayons de rester réalistes"

Et personne ici ne nie que le football féminin suscite un intérêt moins important que le football masculin, bien que les récentes audiences télé le prouvent. Mardi dernier, 5 millions de téléspectateurs étaient devant leur écran pour regarder le match Andorre/France. Le lendemain, ils étaient deux fois plus nombreux à encourager Eugénie Le Sommer et Gaétane Thiney devant le match entre la France et la Norvège.

Différences de commentaires

"Pourquoi les journalistes ne parlent que de la Coupe du monde féminine par le prisme de la place des femmes et pas par le prisme technique des choix tactiques et ou des forces et faiblesses des différentes équipes en terme d'attaque, de défense ?" demande un autre auditeur. 

Tout simplement parce que nous ne sommes pas persuadés que les schémas tactico-techniques, comme on dit dans le jargon, passionnent, nos auditeurs. C’est important,  mais ce n’est pas l’essentiel. L’essentiel est peut être que les médias, et donc notre radio, s' intéressent d’abord à faire découvrir ces joueuses, dont la plupart étaient inconnues du grand public il y a quelques semaines.

Expliquer aussi qu’en dépit d’une coupe du monde, le football féminin est en plein essor. Dans leur approche du football, les filles sont différentes des garçons et dans leur approche de la compétition. C’est un football peut être plus festif qui se ressent dans l’ambiance joyeuse qui remonte des tribunes...

Et Roland Garros ? Les résultats féminins ?

"Vous médiatisez beaucoup la coupe du monde de foot féminin ce que je trouve super. En revanche pour l’annonce des résultats de Roland Garros vous ne parlez pas toujours des résultats féminins... alors c’est bien de parler des Bleues mais lutter contre le sexisme, c’est aussi ne pas passer sous silence les résultats féminins et ne parler que des résultats masculins ; surtout à Roland Garros où les deux tournois se déroulent en parallèle !" s'indigne encore un auditeur.

Vincent Rodriguez : Vous avez raison. En dépit de la qualité des joueuses et de leurs échanges spectaculaires, nous relayons sur nos antennes davantage de sujets et commentaires autour du tournoi masculin.

Nous avons encore des progrès à faire en la matière

Vincent Rodriguez

Cependant le tournoi masculin est animé par des personnalités hors normes comme Federer ou Nadal qui suscitent l’admiration du public et qui attirent naturellement les médias. Le tournoi féminin depuis quelques années ne propose pas de grandes personnalités du tennis, comme ce fut le cas dans le passé avec des Navratilova, Steffi Graff ou les françaises Marion Bartoli ou Mary Pierce.

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