Tensions au sommet des Alpes

Rien ne va plus entre les stations de ski de Savoie et le Parc national de la Vanoise. Le parc fête ses 50 ans, cette année, les communes situées autour du cœur du parc comme Tignes Courchevel, Méribel refusent de signer une charte destinée à mieux protéger l'environnement. Selon les élus, s'ils signent ce document, cela bloquerait leur développement économique.

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Ce sont deux mondes qui, en 50 ans, ont évolué de manières totalement différentes. D'un côté le cœur du parc, 530 km², totalement préservé, où l'on a interdit de construire : ni routes, ni remontées mécaniques. Seuls demeurent les chalets d'alpage et des refuges pour les randonneurs. De l'autre, les stations de ski de Tarentaise notamment, comme Méribel, Courchevel, Tignes, les Arcs, qui ont le plus grand domaine skiable au monde et se sont développées de manière exponentielle avec la démocratisation du ski puis des voyages. Aujourd'hui, il y a plus de 12 millions de skieurs qui dévalent leurs pentes.

Ces deux mondes se touchent. Certaines communes ont dû abandonner une grosse partie de leur territoire lors de la création du parc, il y a 50 ans. Mais depuis 2006, une loi associe les communes à la gestion du parc afin que la protection de l'environnement ne soit pas qu'une affaire d'Etat mais aussi celle des stations qui en bénéficient. Cette loi impose aussi de signer une charte d'adhésion : des engagements de protection de l'environnement pour faire attention à ce qu'elles font sur leur territoire.

Cette charte et ses contraintes sur leurs projets d'urbanisme inquiètent les élus. Par exemple, pas question de faire une liaison entre Bonneval-sur-Arc et Val d'Isère, puisque la télécabine traverserait le cœur du parc. Mais qu'en sera-t-il des projets de centre aquatique ou de nouvel immeuble au sein des stations ? La charte les incite à préserver l'eau, à privilégier une gestion conservatoire des ressources. Ce n'est pas leur logique, que ce soit à Courchevel, au budget de plus de 100 millions d'euros ou sur les plus petites stations comme Aussois.

La ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, espère que les chartes des parcs nationaux seront toutes approuvées cette année, comme cela s'est fait dans les Ecrins, mais ce n'est pas gagné pour la Vanoise.

Les élus, eux, espèrent que la charte sera revue et corrigée. Ils attendent maintenant les résultats de l'enquête publique.

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