Nicolas Sarkozy, un ex-président "cerné" par les affaires

Nicolas Sarkozy a mis en examen pour "corruption passive" dans le cadre de l'affaire des écoutes, après 15h de garde à vue. Cette affaire n'est pas la seule à "planer" au dessus de lui. De Bygmalion à l'arbitrage Tapie, l'ex-président donne ne sentiment d'être cerné par la Justice.

Le retour en politique de Nicolas Sarkozy paraît de plus en plus compliqué. L'ancien président a été mis en examen mercredi vers 2h du matin pour "corruption active" dans l'affaires des écoutes. Les enquêtes s'accumulent autour de lui, qui n'a jamais porté les juges d'instruction dans son coeur. De nombreux proches de l'ancien président les accusent d'ailleurs de vouloir prendre leur revanche sur celui qui les a malmené durant son quinquennat, allant jusqu'à les qualifier de "petits pois ".

Dans l'affaire des écoutes, la justice reproche à Nicolas Sarkozy d'avoir eu un réseau d'informateurs au sein de l'appareil de l'Etat, jusqu'au sein même de la Cour de Cassation. Parmi eux, Gilbert Azibert, l'avocat général qui aurait pu tenter d'influencer sur le cours de la procédure relative aux agendas de Nicolas Sarkozy. La presse avait révélé que le haut magistrat convoitait un poste religieux à Monaco.

Embouteillage judiciaire

Mais un bon nombre de ces enquêtes ont débuté il y a plusieurs années, lorsque Nicolas Sarkozy était au pouvoir, protégé par son immunité et son statut pénal. Il était alors impossible de l'interroger même comme simple témoin. Il était même compliqué pour les policiers d'enquêter. D'où cette impression d'embouteillage judiciaire depuis mai 2012, depuis que Nicolas Sarkozy est redevenu un justiciable comme les autres. Mais, si le retour de l'ancien président est difficile, il n'est pas compromis pour autant. Il a en effet bénéficié d'un non-lieu dans l'affaire Bettencourt et jusqu'ici, les juges de l'affaire Karachi n'ont rien trouvé qui puisse le mettre directement en cause et le dossier est à présent entre les mains de la Cour de justice de la République.

D'autres dossiers pourraient toutefois s'avérer "chauds" pour Nicolas Sarkozy, outre, bien-sûr, l'affaire des écoutes :

  • L'affaire Bygmalion : les comptes de campagne visés . Une information judiciaire a été ouverte pour faux et usage de faux, abus de confiance, tentative d'escroquerie et complicité de recel de ces délits. Pour l'instant, c'est Jean-François Copé qui en a essuyé les conséquences. Mais l'enquête, partie de surfacturations de prestations à l'UMP, s'oriente vers les comptes de campagne 2012. Jérôme Lavrilleux, qui a organisé les meetings du candidat, a reconnu un système de fausses factures et de double comptabilité.

  • Financements libyens : la campagne de 2007 . Les juges qui enquêtent depuis avril 2013 sur un possible financement de la campagne présidentielle de 2007 par Mouammar Khadafi n'ont pas trouvé d'éléments matériels probants : les ex-dignitaires du régime libyen se contredisent sur la question. Nicolas Sarkozy a d'ailleurs porté plainte pour faux contre Mediapart, qui avait publié une note censée accréditer ce financement.

  • Arbitrage Tapie . Cinq personnes sont mises en examen pour escroquerie en bande organisée dans cette affaire qui a abouti au versement de 403 millions d'euros à Bernard Tapie en juillet 2008 après un litige avec le Crédit Lyonnais sur la revente d'Adidas. Claude Guéant, secrétaire général de la présidence à l'époque, a été entendu sous le régime de la garde à vue mais rien n'a permis aux policiers de soupçonner que l'ancien président s'est rendu coupable d'escroquerie en bande organisée.

  • Les sondages de l'Elysée . L'affaire inquiète plus Nicolas Sarkozy. Il est soupçonné d'avoir favorisé son ancien conseiller, Patrick Buisson, en confiant à sa société, Publifact, de lucratifs contrats sans appel d'offres. Huit autres instituts de sondages sont concernés.

    - Le meeting de Toulon . Fin 2011, le chef de l'Etat de l'époque tient un grand meeting à Toulon. Meeting qui n'a pas été inscrit dans les dépenses de campagne, ce qu'a pointé le Conseil constitutionnel. Une enquête pour détournement de fonds publics a été ouverte en octobre 2013 par le parquet de Paris.