My Ferry Link, une scop entre deux eaux

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Il y a un an, une partie des salariés de SeaFrance reprenaient les activités de leur entreprise mise en liquidation. Des salariés devenus actionnaires au sein d'une société coopérative, une scop, rebaptisée My Ferry Link. Un an après, ils ont reconquis près de 10% du trafic transmanche entre Calais et Douvres. Mais les relations direction-syndicat-salariés redeviennent complexes, voire tendues.

Fierté.
C'est le mot qui revient dans la bouche de la plupart des salariés, du commis
de cuisine au directeur général adjoint. Moins d'un an après la reprise de ses liaisons
entre Calais et Douvres, My Ferry Link assure avoir conquis 10%
du trafic fret et près de 8% du trafic passager.

Il y a un
an, après la mise en liquidation de l'entreprise SeaFrance, les salariés ont
décidé de devenir actionnaires et ont crée une société coopérative, une scop. Sur
les 880 anciens salariés de SeaFrance, près de 500 ont rejoint la scop, environ
200 ont été embauchés par le grand concurrent DFDS et d'autres se sont lancés
dans des projets personnels (formation, création d'entreprise...)

Des clients mais une menace anglaise

Mais
l'horizon de la compagnie s'est à nouveau obscurci il y a un mois. La
commission de la concurrence britannique a décidé de bannir du port de Douvres
les navires exploités par My Ferry Link. Elle crie à la
concurrence déloyale, arguant que le propriétaire des ferries n'est autre
qu'Eurotunnel, déjà présent dans le trafic transmanche sous-terrain. La scop a
fait appel.

Des salariés
"plus impliqués"

Cette épée
de Damoclès exceptée, ce sont des salariés motivés qu'on trouve à bord des
navires. Baisse de salaire d'environ 10%, vacances revues à la baisse, rythme
de travail plus contraignant, ils ont consenti des sacrifices non négligeables.
Aucun ne souhaite revivre les heures noires de la mise en liquidation.

Et puis ils
sont désormais propriétaires de leur entreprise. Chaque mois 2% de leur salaire
va augmenter le capital de la scop. "On essaie d'entretenir encore mieux
les moteurs pour que ça nous coûte moins cher
", explique Danny mécanicien
dans sa blouse verte. "On préfère refaire une pièce plutôt que de la
commander
". A terme, Danny espère bien toucher des dividendes. 

Référence : L'affaire Agathe Vanders ed. Ravet-Anceau de Guillaume Lefebvre. Un polar en lien avec le dossier SeaFrance

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