Malaise aux urgences

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Les tensions sont vives alors même qu'un rapport doit être remis aujourd'hui au gouvernement sur l'état des urgences en France. Il y a une semaine, la chef des urgences de l'hôpital de Roubaix (Nord) démissionnait. Marie-Anne Babé dénonçait un manque de moyens face à un engorgement de ses services. Une situation qui se vérifie sur quasiment tout le territoire français. En 20 ans, le nombre d'admissions aux urgences a plus que doublé, passant de 7 à 16 millions par an. Au nouvel hôpital civil de Strasbourg (NHC), les infirmières, à bout, ont menacé de faire grève.

Chaque année, le service des urgences du nouvel hôpital civil de Strasbourg, qui a vu le
jour il y a 5 ans, accueille près de 35.000 personnes. 7 jours sur 7, 24h/24, l'équipe
du professeur Pascal Bilbault est sur le pied de guerre. Une petite centaine de
personnes qui tentent tant bien que mal d'apporter les premiers traitements à des
insuffisances respiratoires, des fractures, des malaises, des cancers.

Comme chaque jour, ce jeudi, le service d'urgences médicales est saturé. Des
brancards sont disposés un peu partout dans les couloirs : "certaines personnes
attendent ici depuis 24heures"
, indique le médecin urgentiste Syamak Agha
Babaei, "elles attendent qu'un lit d'hospitalisation se libère. C'est pour cela
que nos urgences sont engorgées. Il n'y a pas de places en aval"
. Il est même
arrivé que des patients restent onze jours dans des chambres prévues pour un
accueil de 24 heures. "On ne savait pas où les emmener" explique le docteur Babaei.

Infirmières sous pression

Cet engorgement pèse sur les soixante infirmières. Chacune d'entre elles gère
une dizaine de patients.

"Ce n'est pas le métier que j'ai appris" , explique
Joëlle, nouvelle recrue du service.

"Je n'ai pas le temps de parler aux
patients, je cours partout avec la peur de faire une erreur. J'ai le sentiment
de faire du travail à la chaine !"

Depuis que l'hôpital a ouvert ses portes, il
y a cinq ans, 80% des infirmières ont quitté le service.

Une population vieillissante

Les patients, dans leur ensemble, sont indulgents avec le personnel, mais
étonnés d'un tel engorgement.

Tous les jours, Pascal Bilbault se bat pour pouvoir accueillir au mieux des
patients vieillissants : "Depuis cinq ans, nos patients vieillissent, le nombre des
plus de 90 ans a doublé, et ils reviennent plusieurs fois par mois. Ils faut les
hospitaliser et on n'a pas de lits. Il est urgent d'agir rapidement. Très
rapidement !"
.

Pour répondre au plus vite à cette grogne du personnel, la direction de
l'hôpital devrait ouvrir deux nouveaux postes. Plus globalement, elle compte
réorganiser l'hôpital pour fluidifier le passage des patients.

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