Le Tuesday pas si super des Républicains

Avec dix États et 437 délégués en jeu, le "Super Tuesday" est un moment pivot pour les candidats républicains. Mais il n’en sortira toujours pas le nom de l’homme qui affrontera Barack Obama en novembre prochain. Il permettra en revanche d’avoir une idée sur ce que les semaines qui viennent nous réservent.

Demain au réveil, l’Amérique républicaine saura si la
compétition est partie pour durer encore jusqu’en avril ou au-delà ; elle
saura aussi si oui ou non, il y a bien une alternative crédible à un Mitt
Romney qui peine d’une primaire à l’autre, qui souffre faute de parvenir à
convaincre l’ensemble de son parti, mais qui reste en tête en nombre de
délégués et en nombre de victoires.

Le super-Tuesday justement, c’est l’occasion ou jamais pour
l’ancien gouverneur du Massachussetts de se détacher. Il a le "momentum", c'est-à-dire l’élan du moment. C’est lui qui a remporté
les dernières consultations, dans le Michigan, l’Arizona et l’état de
Washington. Mais jusque là, il n’a pas su transformer ses victoires.

Les autres candidats jouent leur survie, car dès ce mercredi, ils peuvent voir leurs soutiens financiers fermer leurs portefeuilles,
ou pas.

Au fil de ces  dix États, radicalement différents dans leur
démographie comme leur couleur politique, les candidats ont l’occasion de se
projeter en avant ou se casser définitivement la figure.

Romney remportera facilement le Massachussetts, l’État où il
habite et où il a été gouverneur. Il n’a pas de soucis à se faire en Virginie
puisque ni Newt Gingrich, ni Rick Santorum ne sont sur les bulletins de
vote : ils n’ont pas rempli les critères nécessaires.

Rick Santorum doit confirmer qu’il est le seul "vrai
conservateur" selon ses propres termes, et faire le plein des voix du
sud. En particulier dans le Tennessee ou l’Oklahoma.

Newt Gingrich a tout misé sur la Georgie, son État, celui qui
l’a élu représentant à la chambre pendant deux décennies. L’État par ailleurs
qui rapporte le plus de délégués : 76. Mais puisque personne en dehors de
lui ne croit encore en ses chances, il doit aller aussi chercher les électeurs
ailleurs. Ou quitter la compétition.

Ron Paul, dont on oublie souvent qu’il est encore là, a de
bonnes chances encore parmi ses plus fervents supporters, notamment dans le
Dakota du Nord, mais n’ira pas beaucoup plus loin.

Et puis il y a l’Ohio

66 délégués dans la balance. Mais bien plus que cela en jeu.
Romney et Santorum y ont passé un temps considérable. L’Ohio est crucial
psychologiquement et politiquement. Au moment de l’élection générale, l’Ohio
sera au centre de toutes les préoccupations. Aucun candidat républicain n’a
jamais gagné une élection sans cet État du Middle-ouest.

Gagner ce mardi, ça
veut donc dire mettre de son côté les chances de l’emporter en novembre. L’Ohio, que l’on décrit un peu vite comme un état de cols bleus touchés par la crise, est
bien plus complexe. Depuis le renflouement de l’industrie automobile, comme son
voisin du Michigan, l’Ohio vit un renouveau économique qui place son taux de
chômage en dessous de la moyenne nationale.

On refait les 3X8 dans l’usine
General Motors de Lordstown. La découverte et la prochaine exploitation d’une
immense nappe de gaz est porteuse de nouveaux emplois encore. L’argument
économique ici, n’est pas aussi facile à manier d’ailleurs, pendant que dans
les campagnes très conservatrices, le thème des valeurs familiales que porte
Rick Santorum fait plutôt recette. 

Suivez en direct les résultats de ce Super Tuesday, la nuit prochaine, sur le compte Twitter de Fabienne Sintès : .

 

 

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