L'Union des organisations islamiques de France sous haute surveillance

L'Union des organisations islamiques de France tient sa 29e rencontre annuelle au Bourget pendant trois jours. Des dizaines de milliers de personnes sont attendues. Mais cette année le gouvernement s'est opposé à la venue de six prédicateurs étrangers et Nicolas Sarkozy a mis en garde le président de l'Union contre les appels "à la violence, à la haine et à l'antisémitisme". Posture politique de campagne ou véritable crainte d'une radicalisation ? Reportage sur les relations entre l'UOIF et Nicolas Sarkozy.

La reconnaissance de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) par l'état Français date de

  1. Le 19 avril, Nicolas Sarkozy assiste au congrès de l'organisation au
    Bourget. Le nouveau ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a décidé
    de faire avancer le dossier du culte musulman. Il crée une instance représentative, le Conseil français du
    culte musulman, le CFCM, dans lequel l'UOIF obtient un tiers des voix.

L'UOIF à été créée en 1983 par des étudiants marocains et tunisiens. Elle est liée aux Frères musulmans, perçue comme la représente d'un islam radical. En lui offrant une reconnaissance, Nicolas Sarkozy attend de
l'UOIF qu'elle s'écarte de la ligne dure. Pour Samir Amghar sociologue,
spécialiste de l'islam contemporain, auteur d'un livre intitulé Le salafisme
d'aujourd'hui,
cela a fonctionné.

L'UOIF est l'une des principales fédérations musulmanes de
France. Elle revendique 200 associations. Elle se dit financée en très grande
partie par ses membres. Mais son rapprochement avec les institutions lui a fait
perdre des soutiens. Franck  Frégosi
directeur de recherche au CNRS auteur de L'islam dans la laïcité .

Depuis l'UOIF ne siège plus dans le Conseil français du
culte musulman. Elle n'a pas présenté de candidat lors des dernières
élections en juin. Elle a aussi dans le même temps changé de président. Ahmed
Jaballah est un théologien. Il estime aujourd'hui que son mouvement a été pris
en otage dans la campagne présidentielle.

Cette année, les autorités françaises ont interdit la venue
de six prédicateurs étrangers invités par l'UOIF, pour risque de troubles à l'ordre
public. D'après Ahmed Jaballah, quatre d'entre eux avaient déjà
participé aux rassemblements les années précédentes sans éveiller les craintes
du gouvernement.

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