Investir dans le vin : un placement de crise ?

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Acheter du vin comme on achète des actions, certains le font et c'est une tendance qui se développe. De belles bouteilles qui prennent de la valeur dans une cave, des milliers de Français en ont, avec pour objectif généralement de les boire un jour. Cette fois, l'approche est différente, il s'agit de véritables placements financiers.

Certains investisseurs ne
connaissent même pas les vins qu'ils possèdent. Ils ne verront jamais les
bouteilles entre l'instant où ils les achètent et le moment où ils les
revendent.

Boris possède trois restaurants à Paris. En 2009, il veut placer 70
000 euros mais les banques l'ont déçu. Alors il se tourne vers une
société qui lui propose de spéculer sur le vin. Il en achète plusieurs
caisses et les revend deux ans plus tard :  l'opération lui rapporte 52 000 euros. Pour
lui, les placements bancaires classiques, c'est terminé.

  • Quelles sont les sociétés
    qui proposent ce genre de placements ?

 Elles sont toutes jeunes et
peu nombreuses. Elles s'appellent Patriwine, Cavépargne ou encore la Bergère
Investissement. Cette dernière est une PME
qui travaillait dans le négoce, une activité tout ce qu'il y
a de plus classique. Et puis, il y a un peu plus de deux ans, certains clients lui
font part de leur envie de spéculer sur le vin.  Camille
Benoist, le gérant, crée ainsi de véritables portefeuilles, il en gère 150
actuellement, où le vin remplace les actions.

  • Les clients achètent le vin
    mais la société le stocke.

Ils peuvent le revendre
quand ils le souhaitent, intégralement ou juste une partie, ils peuvent aussi
évidemment le récupérer pour le boire, c'est très flexible.  Au moment où les épargnants
ont des doutes sur les banques et les placements financiers, cela ressemble à un
recours idéal. D’autant que l'Asie s'intéresse de
plus en plus au vin.

Un marché immense qui aime
les belles étiquettes, les grands Bordeaux en particulier. Le prix de certaines
bouteilles flambe avec cette demande asiatique. Mais, c'est un tout petit
marché. Les stocks sont limités, surtout lorsqu'on parle de grands crus.

 C’est peut-être une bulle
spéculative, le risque c'est qu'elle éclate et que les prix s'effondrent. Pour
l'heure, cete bulle gonfle. Et elle agace les esthètes, ceux qui
aiment le vin, sa cuisse, sa robe, son bouquet. Parmi eux Philippe Faure Brac qui possède
le bistrot du sommelier à Paris. Il a été élu meilleur
sommelier du Monde en 1992. Et certaines bouteilles lui
paraissent désormais inaccessibles.

La Chine a massivement
investi le marché du vin en 2009 et 2010. Les prix sont alors montés
en flèche pour les étiquettes les plus prestigieuses. Le cours est encore à la
hausse actuellement. Mais une augmentation qui se
tasse autour de 15% pour l'année 2011.