Changements d'horaires à la SNCF : la colère des usagers

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Les dirigeants de la SNCF ne cachent pas leur inquiétude. Dans deux jours, 85 % des horaires de train vont changer, en grande partie à cause des travaux de plus en plus importants sur le réseau. La SNCF doit affronter la colère de plusieurs associations d'usagers. Parmi les villes où la situation est très tendue, Orléans.

Orléans est à 120
kilomètres au Sud de Paris. Le train y joue un rôle essentiel. Des milliers
d'habitants font l'aller-retour chaque jour pour travailler dans la capitale.
Depuis quelques semaines, les quais sont régulièrement investis par les
militants du collectif des gares du Val de Loire. Ils appellent à faire la
grève des billets, dès lundi prochain. Une femme témoigne : "Le
mardi, j’avais un train à 20h48, mais il est supprimé. Je vais devoir attendre
après 23 heures pour revenir de Paris. Sauf si la SNCF me paye le repas et le
cinéma, je ne peux pas rentrer chez moi."

Il n'y a pas que la
liaison avec Paris qui pose problème. Les petites gares situées à l'Ouest
d'Orléans, en direction de Blois et Tours, suscitent beaucoup d’inquiétude,
raconte Farid Benhammou. Cet enseignant enrage contre la refonte des horaires
et des dessertes : "Entre Orléans et Tours, les petites gares ne
seront souvent plus desservies aux heures de pointe, le matin et le soir. Il
reste des trains à la mi-journée, ce qui ne sert à rien pour aller travailler.
Je vais devoir prendre ma voiture."

Et les militants du
collectif des gares du Val de Loire ne se contentent pas de rester sur les
quais. Ils arpentent les trains de bout en bout, pour avoir plus de temps pour
discuter avec les usagers. Ils rencontrent par exemple un jeune homme,
apprenti, qui a peur d’arriver en retard en cours à cause des nouveaux
horaires : "Je descends à la Chapelle Saint-Mesmin, mais mon
train ne desservira plus cette gare. Si je prends le bus, j’arriverai trop tard
au CFA. Théoriquement je risque de perdre une partie de ma paye."
Mais
dans les trains aux environs d'Orléans, il n'y a pas que des mécontents.
Certains, plus rares et plus discrets, disent que les nouveaux horaires les
arrangent, surtout ceux qui ne descendent pas dans les petites gares et qui se
réjouissent de trouver parfois un train un peu plus rapide.

 Pour justifier les
nouveaux horaires, la SNCF et le gouvernement ont plusieurs arguments. Le
cadencement, tout d’abord : on essaye de rendre les horaires plus
réguliers, par exemple en faisant partir les trains à 15 ou à 20 de chaque
heure. Mais d'après la SNCF, ces changements d’horaire sont majoritairement dus
aux travaux très importants sur les voies.

C'est indispensable,
dit la ministre de l'écologie et des transports Nathalie Kosziusko-Morizet, car
le réseau français est vétuste : "On est passé à 1000 kilomètres
de voies rénovées par an."

 La SNCF a chargé
l'ancienne patronne du syndicat CFDT, Nicole Notat, de jouer les médiatrices.
Elle est chargée de centraliser toutes les plaintes et de proposer des adaptations
aux nouveaux horaires. Mais cette médiation ne convainc pas vraiment Jean
Sivardière, de la Fédération nationale des usagers des transports : "Cela
vient trop tard ".

Réponse de l’intéressée : tout n'est pas perdu, on peut résoudre
certains problèmes, dit-elle, tout en reconnaissant qu'elle n'a pas de baguette
magique.