3,5 tonnes d'ivoire saisies en France vont être détruites

3,5 tonnes d'ivoire saisies vont être détruites ce jeudi à 11h au Champ-de-Mars à Paris. Un geste adressé aux trafiquants : pour leur montrer que la France, où l'ivoire transite, n'a pas l'intention de rester leur complice. Un geste aussi vers les consommateurs d'ivoire pour leur faire comprendre les conséquences de leur geste.

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La France est le premier pays européen à le faire. Elle
va détruire ce jeudi 3,5 tonnes d'ivoire sur le Champ-de-Mars, à Paris. Le
message est double : aux trafiquants, la France dit qu'elle ne sera plus
leur complice, et aux consommateurs, elle leur montre les conséquences de leur
geste.

Aux douanes de Roissy, par où transit l'ivoire, sur les étagères d'une zone des
stockages, on trouve des sacs plastiques renferment des cigarettes de contrebande, des chaussures
de sports mal imitées. L'odeur de tabac de narguilés embaume les lieux. Au
fond, il y a des hippocampes séchés, des tortues marines empaillées et, dans un
carton, des bijoux en ivoire. "Voila l'exemple type de ce que l'on peut
saisir à Roissy. Avec 62 millions passagers par jour, on a de quoi faire
"
reconnaît Sébastien Tiran, secrétaire général des douanes de l'aéroport.

Ces saisies sont régulièrement détruites par les
douanes. "On servait de dépôts aux douanes mais depuis dix ans on leur a
dit stop on n'a plus de place
", explique Michel Guiraud, directeur des
collections au muséum d'histoire naturel de Paris.  

Question de place et de sécurité

Le prix du kilo d'ivoire avoisine celui du kilo de
cocaïne. Le trafic d'espèces menacées est un de ceux qui rapporte le plus
d'argent après les armes et la drogue. Interpol reconnait les douanes
n'arrivent à stopper que 10% du trafic. 

"Aujourd'hui, détruire l'ivoire c'est positif
mais cela doit s'accompagner d'un plan pour donner aux douaniers les moyens de
pouvoir mieux contrôler les marchandises en transit entre l'Afrique, l'Europe
et l'Asie
", selon Charlotte Nithart, de l'association Robin des Bois.

Même si la destruction de l'ivoire fait polémique
(cela peut faire grimper les prix et pousser à chasser encore plus les
éléphants) les choses bougent. La Chine, le plus gros consommateur, a organisé
une destruction publique de six tonnes l'an dernier.  "C'est sûr que les pays consommateurs
comme la Chine et la Thaïlande, ont les clés du problème. Surtout s'ils
interdisent le commerce de l'ivoire
", explique Céline Cissler, de
l'association Ifaw. En tous cas, il y a urgence. Il reste moins de 500.000
éléphants en Afrique, deux fois moins qu'il y a trente ans.

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