Le mot de l'éco. Vivendi : une page se tourne

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Pour le groupe Vivendi, le début de semaine prochaine marque un tournant important de son histoire, avec la vente d'une de ses pépites, Universal Music. 

Le groupe français Vivendi, spécialisé dans les contenus, les médias et la communication, va tourner une page de son histoire en début de semaine prochaine et va se défaire de sa pépite, Universal Music. 

Vivendi va en effet proposer à ses actionnaires en assemblée générale, lundi 29 mars, de vendre 60% d'Universal Music, ce qui engage l'introduction en bourse de la maison de disques. Elle devrait intervenir d'ici à la fin de l'année 2021 à la bourse d'Amsterdam.

Universal Music est leader dans son secteur et représente un tiers des parts de marché dans le monde. Le label de musique possède les catalogues de Bob Marley et Bob Dylan. C’est la maison de disques de Lady Gaga, Rihanna, Angèle et Booba. Un groupe valorisé aujourd’hui à plus de 30 milliards d’euros.   

Vivendi veut se renforcer dans les médias  

Vivendi vend Universal Music au moment où le label est au plus haut, gonflé par le succès des plateformes de streaming (d’écoute en ligne) comme Spotify. Le monde de la musique se porte bien, beaucoup mieux qu’il y a quelques années, quand les artistes et leurs maisons de disques se faisaient piller, pirater sur Internet.

Cette introduction en bourse prochaine d’Universal Music signe la fin de l’aventure française de la maison de disques, rachetée il y 20 ans par un certain Jean-Marie Messier.  Aujourd’hui, c’est un autre entrepreneur français qui tient les rênes de Vivendi, Vincent Bolloré. Il a donc décidé d’introduire 60% en bourse d’Universal, et de se servir de cette manne financière pour renforcer sa position dans les médias et l’édition. Vivendi va conserver 20% d’Universal.

Demain, sans Universal, Vivendi, c’est tout de même la communication, avec Havas, les jeux vidéo avec Gamesoft, les médias avec Canal + et C News, et l’édition avec Editis, racheté il y a 2 ans (groupe qui comprend les maisons Plon, Nathan et Robert Laffont). Vincent Bolloré ne cache pas son ambition de renforcer son groupe autour des médias et de l’édition : ce sont ses axes de développement prioritaires. 

Coté médias, justement, Vivendi grignote du terrain avec une offre de rachat en cours pour plusieurs titres de la presse magazine française compris dans le groupe Prisma Media : Voici, Capital, Geo. Un rachat effectué auprès de Bertelsmann. Le groupe allemand veut aussi vendre ses parts dans M6 et RTL. Là aussi, Vivendi est sur les rangs. Même s’il n’est pas le seul. Bouygues aussi a fait part de son intérêt. 

Vivendi lorgne aussi du côté des actifs d’un autre groupe de média français, le groupe Lagardère  

Avec dans ce cas précis, une crise de gouvernance, crise actionnariale, Vivendi est monté au capital de Lagardère à hauteur de 25% et conteste la stratégie d’Arnaud Lagardère. Le groupe tangue. La radio Europe 1, les titres de presse JDD, Paris Match, sont sur le qui-vive. 

Quant au patron d'Hachette Livre, Arnaud Nourry, il est monté au créneau dans le journal Le Monde, il y a quelques jours, pour expliquer qu’un rapprochement avec Vivendi n’avait aucun sens. Le renforcement de Vivendi dans le monde des médias est semé d’embûches, mais cela ne semble pas entamer la détermination de sa direction.     

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