Le mot de l'éco. Le retour de l'inflation

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Après plus de deux ans d'inflation quasi nulle, les prix à la consommation repartent à la hausse dans la zone euro et risquent de peser sur le pouvoir d'achat des ménages.

D'après les chiffres publiés cette semaine par Eurostat, sur un an l'inflation a augmenté d’1,1% dans la zone euro.C’est plus en Allemagne : + 1,7.
En France, la hausse des prix atteint 0,8%, alors que Bercy anticipait encore il y a quelques mois une inflation proche de zéro. Des niveaux qui restent assez faibles mais qui marquent un changement de cap pour l’économie européenne. Et si les prix augmentent, c'est d'abord à cause du renchérissement du coût de l'énergie, à commencer par le pétrole : en un an, le baril de brut est passé de 30 à près de 55 dollars.

Dans l’alimentaire aussi, la tendance est à la hausse sur les étiquettes

Et ce mouvement devrait se poursuivre tout au long de l’année. D’un point de vue macroéconomique, c'est plutôt une bonne nouvelle, puisque l’année dernière à la même époque, la faiblesse de l’inflation faisait craindre le début d'une spirale déflationniste étouffant la croissance.

D'ailleurs, il faut rappeler que l’objectif de la Banque Centrale Européenne, c'est une inflation proche des 2%, un nouveau signe de bonne santé économique. Mais qui n’est pas encore atteint. D'autant que pour l'instant, le retour de l’inflation est essentiellement dû aux prix de l’énergie et pas vraiment à une hausse des salaires qui soutiendrait la consommation et donc l'activité, ce qui permettrait aux entreprises d'augmenter sensiblement leur prix.

C'est le cercle vertueux qui se produit quand l'inflation est à un niveau modéré, autour des 2 %. Sauf qu'il n’y a pas de hausse des salaires quand le chômage est élevé, schématiquement parce les salariés ne sont pas en position de force pour négocier. Or à l'exception de l’Allemagne, le taux de chômage dépasse toujours les 10 % dans la zone euro. 

Une hausse des prix qui va peser sur le pouvoir d’achat

D’autant que la croissance reste faible : autour de 1,3% attendue en France cette année. Un contexte qui ne risque pas de tirer les salaires vers le haut.
Or, si les prix repartent à la hausse, plus vite que la croissance, même légèrement, mécaniquement cela rogne le pouvoir d'achat des ménages. Un paramètre qui devrait peut être inciter les candidats à la présidentielle à revoir le cadrage de leurs programmes économiques.