Le mot de l'éco. Le ferroviaire : un secteur pénalisé par la crise

Le mot de l'éco, cette semaine, c'est "ferroviaire". Un secteur fortement pénalisé par la crise sanitaire mais soutenu par l'État dans le cadre du plan de relance. 

Le Premier ministre Jean Castex se déplacera lundi 5 octobre, à Clermont-Ferrand, pour parler des dossiers ferroviaires. La ligne Clermont-Paris, le fret et les petites lignes pourraient, à cette occasion, bénéficier de nouveaux financements. La SNCF a été lourdement touchée par la crise sanitaire, le volet ferroviaire du plan de relance du gouvernement devrait donc être abordé ce lundi.   

Un volontarisme affiché mais une situation inquiétante

Inquiétante, c'est sans doute bien l'adjectif adéquat, car la fréquentation des trains reste nettement inférieure à ce qu'elle était avant l'épidémie de Covid-19, et la SNCF creuse donc un peu plus ses pertes estimées à environ quatre milliards d'euros cette année.

Selon nos informations, le taux de remplissage moyen des TGV et des Ouigo alterne entre 60 et 70% le weekend et seulement 50% la semaine, là où il faudrait 71% sur les TGV et même 79% sur les Ouigo pour atteindre le seuil de rentabilité. Bref, la clientèle "professionnelle" n'est toujours pas revenue depuis la rentrée en raison du développement du télétravail ou de l'annulation de nombreux salons et évènements publics. Au point que Jean-Pierre Farandou, le PDG de la SNCF, estime qu'il faudra deux ans pour retrouver le niveau d'avant la crise.

Et la situation ne semble pas meilleure dans le fret, le transport de marchandises. Là, la SNCF a même dû supprimer une centaine de postes de conducteurs, officiellement réaffectés aux trains de voyageurs, faute d'activité suffisante et alors que les pertes de l'activité sont colossales depuis plusieurs années.

4,7 milliards d'euros promis par Jean Castex 

À quoi va donc vont donc servir les 4,7 milliards promis par le gouvernement Castex ? La moitié de la somme doit aller à la régénération du réseau, autrement dit à la rénovation des voies, des postes d'aiguillage ou des caténaires. Une petite partie, 100 millions, aux trains de nuit, 200 millions au fret.

Il y a aussi le financement de la sortie du glyphosate, utilisé pour éliminer les mauvaises herbes sur les rails. Bref, et le message a été répété par le gouvernement, il s'agit de financer des investissements, pas de combler des trous de trésorerie, d'autant que l'État s'est déjà engagé à reprendre une grande partie de la dette historique de la SNCF, suite à la réforme ferroviaire en 2018.

Ouverture à la concurrence effective à partir du 1er janvier prochain sur les lignes de TGV

Dans ce contexte, que faut-il attendre de l'ouverture à la concurrence prévue officiellement le 1er janvier 2021 ? Une concurrence limitée, voire très limitée en fait, car la crise sanitaire et la forte baisse de la fréquentation des trains n'incitent évidemment pas les opérateurs étrangers à se lancer.

Seul l'italien Trenitalia, avec sa filiale Thello, semble encore sur les rangs pour début 2021, mais juste sur la ligne Paris-Lyon, considérée comme la plus rentable. Et un report de quelques mois n'est pas impossible. La Renfe, la compagnie espagnole, envisage de son côté un lancement fin 2021 sur les lignes Lyon-Marseille et Montpellier-Marseille. Pas de quoi, a priori, menacer sérieusement la SNCF.        

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