Le mot de l'éco. Le déficit public a doublé en un an

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"Le mot de l'éco" en ce samedi 23 janvier, c'est le mot déficit. Le déficit de l'État a presque doublé en un an. La baisse d'activité, des secteurs quasiment à l'arrêt et la baisse de la consommation des ménages ont pesé dans la balance. Mais les revenus des Français ont été globalement préservés. 

Le mot de l'éco, cette semaine c'est le mot "déficit", car le déficit de l'État a quasiment doublé en un an. Il atteint désormais la somme astronomique de 178,2 milliards d'euros pour l'année 2020, contre 92 milliards seulement, un an plus tôt. Un chiffre qui a été consolidé cette semaine par Bercy.

Alors le déficit vous savez ce que c'est : ce sont les dépenses de l'État moins ses recettes. Et à crise exceptionnelle, dépenses exceptionnelles, ce déficit qui se creuse est évidemment le résultat de la politique dite du "quoi qu'il en coûte", privilégiée par l'exécutif depuis l'apparition de la pandémie, il y a maintenant quasiment un an en France.  

La baisse des recettes s'élève à plus de 37 milliards 

Des recettes de l'État qui ont forcément été beaucoup moins importantes que ce qu'espérait le gouvernement avant la crise. Le manque à gagner est estimé par Bercy à un peu plus de 37 milliards d'euros. 37 milliards en moins donc dans les caisses de l'État l'an dernier, à cause d'une baisse d'activité très importante, surtout au premier trimestre. Des secteurs quasiment à l'arrêt (hôtels et restaurants) sans oublier une baisse de la consommation des ménages qui a pesé sur les entrées fiscales.

Dans le détail, le manque à gagner s'élève à 12 milliards d'euros pour la TVA, pareil pour l'impôt sur les sociétés, 5, 5 milliards en moins de taxe sur les carburants (comme quoi les Français ont roulé beaucoup moins), auxquels il faut amputer 1,5 milliard d'impôt sur le revenu. Une dernière statistique rassurante pour le gouvernement car elle montre bien que les revenus des Français ont été globalement préservés.  

Des recettes en moins et des dépenses qui explosent en raison de la crise sanitaire  

L'ensemble des dispositifs d'urgence a coûté au total 86 milliards d'argent public en 2020, dont presque la moitié pris en charge par l'État, le reste étant supporté par les collectivités locales, et surtout les administrations de la Sécurité sociale. Cet argent est allé tout d'abord au soutien de l'économie, à commencer par le financement du chômage partiel et l'aide aux entreprises (fonds de solidarité et exonérations de cotisations).   

Et pour cette année 2021, malgré toutes ces dépenses exceptionnelles, l'État en a encore sous le pied, car les dépenses en fin d'année ont été moins importantes qu'escompté ; le gouvernement avait compté large. Quasiment 30 milliards budgétés en 2020 sont utilisables, auxquels s'ajoutent 10 milliards de crédits votés en loi de finances pour renflouer le fonds de solidarité et le chômage partiel.

Cela sera-t-il suffisant ? Tout dépend du contexte sanitaire. Pour la première fois, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, évoque l'hypothèse d'un reconfinement, hypothèse qui nécessiterait sans doute des aides et donc des crédits supplémentaires.    

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