Le mot de l'éco. La réforme des retraites

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En plein confinement, la question de la réforme des retraites revient sur le devant de la scène politique. Certains sont pressés de la remettre sur la table pour des raisons budgétaires mais elle ne devrait pas être d'actualité avant la fin de la crise sanitaire. 

Le mot de l’éco cette semaine, c’est donc le mot "retraites". Souvenez-vous, il y a un an tout juste, la réforme des retraites était en marche et mobilisait, notamment contre elle, les cheminots qui avaient paralysé Paris pendant les fêtes de fin d'année.

Puis le débat fut tellement crispé à l’Assemblée nationale que le gouvernement d'Édouard Philippe finit par passer en force, à recourir à l'article 49-3 pour faire adopter la réforme, sans vote, en première lecture à l'Assemblée. C'était 15 jours avant le premier confinement. Autant dire, il y a une éternité. Mais cela ne signifie pas pour autant que la réforme des retraites, qui était une promesse de campagne d'Emmanuel Macron, soit pour autant enterrée.  

Certains membres du gouvernement sont plus pressés que d'autres 

Le plus pressé est celui qui tient les cordons de la bourse, Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie. Dans quasiment toutes ses interventions publiques et depuis plusieurs mois, le ministre mentionne cette réforme des retraites. Elle est nécessaire, martèle-t-il, comme pour rappeler à ceux qui voudraient profiter de la situation sanitaire pour l'enterrer définitivement, qu'il n'en est pas question. Pas plus tard qu'hier, Bruno Le Maire disait encore que la réforme des retraites est, je cite, "la priorité absolue quand les réformes reprendront".  

Certains prêtent au locataire de Bercy des ambitions à Matignon, d'autres pensent plutôt qu'il s'adresse avant tout aux investisseurs, à ceux qui achètent de la dette française, et à Bruxelles également. Bref, au monde financier et européen, partisan d'une orthodoxie budgétaire qui a été mise au second plan depuis le début de la pandémie. L'air de dire que le "quoi qu'il en coûte", va bien s'arrêter un jour. Ne vous inquiétez pas, la France n'est pas embarquée dans une dérive dépensière, elle va mener à bien les réformes structurelles qu'elle s'est fixée à commencer donc par celle des retraites.  

Des raisons budgétaires  

Les raisons budgétaires sont mises en avant car les pensions de retraites pèsent lourd dans la dépense publique : 14% du PIB. Et selon les projections du conseil d'orientation des retraites, créé en 2000 pour étudier étudier cette question, le retour à l'équilibre n'est pas prévu avant au moins 10 ans, dans le scénario le plus optimiste.  

À Matignon, on se défend de vouloir remettre sur la table dans les prochains mois une réforme paramétrique qui permettrait d'économiser de l'argent à court terme ; ce n'est pas au menu de l'agenda social avec les partenaires sociaux. Mais dans le même temps, pas question non plus de recadrer un ministre de l'Économie qui laisser entendre le contraire.  

Le Premier ministre, Jean Castex, vient aussi de mettre en place une commission d'experts, censée réfléchir aux moyens de réduire la dépense publique, commission qui va très probablement suggérer de regarder du côté des retraites, pour assainir les finances de l'État.      

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