Le mot de l'éco. La faiblesse du syndicalisme français

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Le départ de Pascal Pavageau, le nouveau patron de FO, contraint à la démission sur fond de fichiers illégaux, met en lumière les faiblesses du syndicalisme en France. 

A la suite de révélations sur les fichiers internes de Force Ouvrière, son nouveau secrétaire général, Pascal Pavageau, a démissionné mercredi dernier. Une affaire interne à FO, mais qui met en lumière les faiblesses du syndicalisme français.

Un effritement qui se traduit par l'érosion du nombre de syndiqués. Il est en baisse continue depuis plus de 30 ans. Tous secteurs confondus, privé et public, seulement 11 % des Français adhèrent à un syndicat, d'après les derniers chiffres du ministère du travail qui datent de 2016. Et ces 11% cachent de fortes disparités. La fonction publique reste le principal bastion du syndicalisme, avec un taux de 19 %, deux fois plus que dans le privé (8,4%). Différences également selon les secteurs d'activité : peu de syndiqués dans l'hôtellerie, la restauration ( 4,1%) mais prés de 18 % dans les transports. Quant aux moins de 30 ans, ils sont moins de 4 % à adhérer a un syndicat.

La France très en dessous de la moyenne européenne

En Europe, le taux moyen de syndicalisation est de 23%. En réalité, la France est un des un pays où l'appartenance à un syndicat est la plus faible. Il n’ y a qu’en Lituanie et en Estonie que l’on trouve des taux encore inferieurs à ceux de la France. A l’autre bout du spectre, les pays scandinaves, où plus de 70 % des travailleurs sont syndiqués. Mais attention aux comparaisons trompeuses entre modèles sociaux. En Finlande comme en Suède, il faut  être adhèrent d'un syndicat pour bénéficier des accords qu'il signe. Des syndicats qui sont aussi des fournisseurs de services à leurs adhérents en terme de formation professionnelle, de caution bancaire même. Un système très incitatif donc.

Les syndicats sont mortels

Pourquoi si peu de syndiqués en France ? Le ministère du travail fournit plusieurs explications comme le recul de l’activité industrielle et le développement de nouvelles formes d'emploi (auto-entreprise, contrats précaires, intérim), alors que l' engagement syndical est associé à la stabilité de l' emploi. L’affaiblissement des syndicats se matérialise aussi dans le rapport de force avec le pouvoir politique : depuis le CPE en 2006, aucun mouvement social n’a véritablement empêché la mise en œuvre d'une réforme. Et des réformes, il y en a d'autres à venir : celle de l’assurance chômage, celle, surtout, des retraites, qui va totalement rebattre les cartes de tout le système hérité de l' après-guerre. La démocratie sociale n' a rien à gagner à un syndicalisme affaibli d’autant que "les syndicats sont mortels", la formule est de Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT.

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