Le mot de l'éco. Que faire de la dette Covid-19 ?

Comment cantonner la dette de la France qui devrait atteindre cette année jusqu'à 120% du PIB ? 

La dette de la France dépasse désormais la totalité de la richesse nationale produite, qui est mesurée par le fameux produit intérieur brut. La dette devrait ainsi atteindre cette année jusqu'à 120% du PIB. Un niveau historique. Alors que faire de cette dette spécial Covid ? C'est la question à plusieurs dizaines de milliards d'euros.  

Cantonner la dette coronavirus ou l’annuler ?  

Bercy envisage de la cantonner, c'est-à-dire de la séparer du reste de la dette, ce qui équivaut à reconnaître son caractère exceptionnel. Cela permet d'amortir son remboursement, de le différer. Bruno le Maire donnait même un calendrier en début de semaine devant les députés, avec un échéancier qui irait jusqu'en 2042. Ce n'est pas la première fois que la France procède ainsi. Puisqu'il existe déjà la CADES : la caisse d'amortissement de la dette sociale. Caisse qui devait disparaître car remboursée. Mais la crise sanitaire est passée par là. La durée de vie de la CADES est prolongée pour cause de coronavirus, et donc, les prélèvements sociaux qui les financent également.  

Certaines voix se font entendre pour défendre d'autres options

À commencer par l'annulation pure et simple de cette dette. Comme la banque centrale européenne rachète la dette française et celle des autres pays de l'UE pour maintenir les économies européennes à flot, la BCE pourrait faire une croix sur leur remboursement. C'est ce que préconisent plusieurs économistes pas très orthodoxes.

D'autres trouvent un entre-deux en proposant une alternative qui revient un peu au même : la création d'une dette perpétuelle. Une idée défendue à la fois par l'essayiste et visiteur du soir des présidents de la République, Alain Minc, et par le chef de file de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon. Alain Minc propose ainsi une dette, si ce n'est perpétuelle pour des raisons idéologiques dit-il, tout du moins à 50 ou 100 ans, avec des taux d'intérêt très bas.

Le traitement de cette dette de crise donne lieu à des débats d'idées, à des propositions iconoclastes, même si pour l'instant la ligne observée est qu'à la tête d'un état comme d'une famille, ou d'une entreprise, il faut rembourser ses dettes.

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