Le mot de l'éco. ELIOTT

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Le fond d'investissement américain fait parler de lui.

C'est le nom d'un fond d'investissement américain qui fait beaucoup parler de lui en ce moment en Europe, un hedge fund comme on dit en anglais, qui monte aux capital des entreprises, rachète aussi de la dette souveraine des pays. Mais Eliott ne fait pas de la figuration, c'est un fond extrêmement actif, redouté par bon nombre d'entreprises et même d'Etats à travers le monde.

Une solide réputation de procédurier  

Pour récupérer coûte que coûte son investissement de départ, Elliott n'hésite pas à poursuivre ses débiteurs devant les tribunaux et à s'engager dans des batailles judiciaires aux long cours. A sa tête, un New-Yorkais, Paul Singer, ancien avocat devenu milliardaire, 73 ans, front dégarni, petites lunettes rondes. Il a créé Eliott à la fin des années 70. Le fond pèse aujourd'hui 27 milliards de dollars et s’est taillé une solide réputation de procédurier.  

Le litige le plus retentissant est celui qui l'a opposé à l'Argentine endettée. Le fond a trainé le pays devant les tribunaux américains et a réussi à se faire rembourser une grande partie de l'argent emprunté au plus fort de la crise argentine, grâce à des taux d'intéret très élevés, il a même empoché au passage une plus-value non négligeable. Le qualificatif de fond vautour lui colle d'ailleurs à la peau depuis cette époque.  

De la dette argentine à Pernod Ricard

En France, la première fois que le fond fait parler de lui, c'est en 2014. Elliott est condamné par l'autorité des marchés financiers à payer une très lourde amende :16 millions d'euros, pour avoir bénéficié d'une information privilégiée dans le cadre de la privatisation des autoroutes, en, 2005. Une amende contestée par Elliottt devant la justice. Mais cette semaine, la cour de cassation a donné raison au gendarme français de la Bourse.  

C'est surtout en entrant au capital de Pernod Ricard qu'Elliott commence à faire grincer quelques dents. En décembre dernier, le fond d'investissement acquiert 2,5 % du capital du groupe de spiritueux. Depuis, il est devenu le caillou dans la chaussure de l'entreprise familiale car Elliott met son nez partout, conteste la gouvernance mise en place par la famille Ricard, épluche les résultats financiers, va jusqu'à proposer un plan d'économies pour améliorer la rentabilité du groupe, tente aussi de rallier à sa cause les autres actionnaires. Bref destabilise les dirigeants de Pernod Ricard.  

Une méthode employée aussi chez Telecom Italia. Avec une guerre d'usure entamée contre son premier actionnaire, Vivendi, et le patron de ce dernier, Vincent Bolloré, même si finalement tout le monde a préféré mettre le conflit en sourdine hier lors de l'assemblée générale des actionnaires à Milan, en tout cas jusqu'à nouvel ordre.

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