Le mot de l'éco. Égalité professionnelle : toujours aussi peu de femmes aux postes de direction

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

En France, les écarts de salaires se sont réduits, mais il y a toujours aussi peu de femmes à des postes de direction.

L’OCDE, l’Organisation pour la Coopération et le Développement Économique a publié cette semaine un rapport sur les inégalités hommes / femmes au travail. En France, les écarts de salaires se sont réduits depuis 2012, mais il y a toujours aussi peu de femmes à des postes de direction.    

Une statistique illustre cette réalité : seules 7% des femmes sont chefs d'entreprises. Contre 14% pour les hommes. L'OCDE met en avant des raisons culturelles. En effet, 35% des femmes pensent avoir les compétences, le savoir et l’expérience pour créer leur entreprise. Les hommes, eux, sont 46% à le penser. Et cet écart s'est creusé depuis la dernière étude datée de 2012.  

Pas de parité dans les grandes entreprises françaises  

Isabelle Kocher est toujours la seule femme à diriger, opérationnellement, une entreprise du CAC 40. En l'occurrence Engie. Cela dit, il faut aussi reconnaitre les progrès faits par les grandes entreprises dans la composition de leur conseil d'administration. Progrès faits, il faut le souligner aussi, sous la pression de la loi Copé - Zimmerman de 2011.

Le texte vise les entreprises de plus de 500 salariés et 50 millions d'euros de chiffre d’affaires. Il leur donnait six ans pour atteindre le seuil de 40% de femmes dans leur conseil d'administration. Le bilan est contrasté. En fait, les entreprises du CAC 40 ont quasiment atteint cet objectif : 39,8% de femmes dans les conseils d'administration. Mais c'est nettement moins dans les grandes entreprises non cotées. Seules 16% respectent la loi. Et encore, souvent en mettant en place des stratégies de contournement. C'est ce que dit un rapport du Haut Conseil à l’Égalité.

Peu de femmes dans les CA des entreprises non cotées

Par exemple, en limitant la taille du conseil d'administration, à 3 ou 4 membres. Il suffit alors de ne faire rentrer qu'une seule femme pour être dans le cadre de la loi. Et encore faut-il que ce conseil d'administration ne soit pas vidé de sa substance. Le Haut Conseil pour l’Égalité note en effet, dans un certain nombre d'entreprises, un déplacement des lieux de pouvoir, soit vers les comités de direction, soit vers des conseils "fantômes", informels, où se prennent les vraies décisions stratégiques de l’entreprise.    

Le secteur public n’est pas exemplaire  

On trouve à peine 26% de femmes dans la haute fonction publique d'état. Pourtant, là aussi, une loi fixe un objectif de 40% de femmes. De lourdes pénalités sont même prévues. 90 000 euros par emploi manquant. Sauf que cette loi de 2012 n’a aucun impact, puisqu'il n’existe toujours pas de mécanisme financier pour recouvrer ces pénalités !