Le mot de l'éco. Égalité professionnelle femmes-hommes : la France plutôt bien placée

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Égalité professionnelle, c'est "Le mot de l'éco" à l'avant-veille de la journée internationale pour les droits des femmes. Et la France figure en assez bonne place dans le classement des 23 pays concernés par une étude récente. 

Alors qu'on est précisément à l'avant-veille de la journée internationale pour les droits des femmes le mot "égalité professionnelle" s'impose. Surtout qu'une loi, votée en 2018 oblige les entreprises de plus de 50 salariés à publier chaque année un index, censé mesurer les éventuels écarts de rémunération ou d'évolutions de carrière entre les hommes et les femmes.

franceinfo : Question simple, pour commencer en France, les femmes sont-elles aussi bien payées que les hommes ?      

Raphaël Ebenstein : La réponse, sans surprise, est non. Selon la dernière étude de l'INSEE, qui porte sur des chiffres de 2017, l'écart salarial atteint encore près de 17% en moyenne, pour un poste à temps complet dans le secteur privé. C'est déjà beaucoup, mais si on calcule cette fois le salaire moyen, sachant que les femmes sont proportionnellement plus nombreuses que les hommes à travailler à temps partiel ou à occuper des postes au bas de l'échelle, l'écart hommes/femmes grimpe à plus de 28%.

Une fois encore, il s'agit de moyennes globales. Dans le détail, les situations sont évidemment variables en fonction du métier exercé, du niveau de diplôme, de l'expérience professionnelle ou du nombre d'enfants. Les écarts ont ainsi tendance à fortement augmenter, plus le diplôme est élevé et plus le ou la salarié a d'enfants... Schématiquement, les cadres supérieurs masculins gagnent par exemple environ 1 000 euros de plus par mois que leurs collègues féminines à poste équivalent.

Le gouvernement a donc mis en place un index de l'égalité professionnelle, dont la publication est obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés. Que mesure-t-il et permet-il concrètement de faire évoluer la situation ?    

Cet index prend en compte évidemment les écarts de rémunération moyens au sein de l'entreprise, les écarts de promotion ou encore le nombre de salariées femmes augmentées à l'issue d'un congé maternité. Cela aboutit à une évaluation sur 100 points, l'entreprise doit au moins atteindre la note de 75. Les  résultats 2021 doivent être publiés en début de semaine prochaine.

Mais si on se réfère à ceux de l'an passé, la note moyenne était de 87 pour les plus grandes entreprises, 83 pour les PME. L'index est toutefois jugé insuffisant par les syndicats et les associations féministes car il n'est pas prévu de véritable sanction pour les entreprises "bonnets d'âne" dont la note est inférieure à 75. Seule, la non-publication de l'index peut entraîner une amende allant jusqu'à 1% du CA.

Egalité professionnelle : la France devance l\'Espagne et la Suède. Illustration
Egalité professionnelle : la France devance l'Espagne et la Suède. Illustration (SMARTBOY10 / DIGITAL VISION VECTORS / GETTY IMAGES)

Comment la France se situe-t-elle au niveau européen, plus ou moins égalitaire que ses voisins ?        

Difficile de tout mesurer. Une étude du cabinet spécialisé Equileap, menée auprès de 3 700 grandes entreprises de 23 pays, a livré cette semaine des résultats plutôt inattendus. La France apparaît ainsi comme le pays où les différences de salaires ou d'évolution sont les plus réduites entre les hommes et les femmes. La France devance l'Espagne et la Suède et trois groupes français, L'Oréal, Kering et Orange, figurent dans le top 10 mondial des entreprises jugées les plus égalitaires.         

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