Le mot de l'éco. Confinement : un coût financier, économique et psychologique

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Le Premier ministre Jean Castex a annoncé jeudi 18 mars 2021, les nouvelles mesures de confinement et de couvre-feu pour limiter la propagation du virus. Le gouvernement cherche une autre voie pour définir ce que les Français de 16 départements vont vivre pendant quatre semaines. 

Le mot de l'éco cette semaine, c'est : confinement : Même si, vous l’avez remarqué, le gouvernement ne prononce pas le mot, cherchant une troisième voie.

Certaines mesures, qui s’appliquent désormais dans les 16 départements concernés, ressemblent tout de même à ce que l’on a vécu il y a un an, puis à l’automne,  lors des deux premiers confinements.  Avec cette mesure emblématique, la plus significative : la fermeture des commerces et des rayons non essentiels des grandes surfaces.   

france info : Et cette fermeture des commerces, elle a évidemment un coût économique  ?

Isabelle Raymond : Oui, et dans la foulée des annonces, le ministère de l’Économie a communiqué ses prévisions, soit la fermeture de plus d’une centaine de milliers de commerces sur une zone qui concentre 40% de la richesse produite en France. Et bien, son coût n’est pourtant pas extrêmement significatif : 0,2% du PIB annuel seulement. Cela représente à peu près 4 milliards d’euros de manque à gagner pour l’économie française. Une goutte d’eau, et même, un impact minimisé, selon des économistes qui estiment ce coût à deux fois plus.   

Et pourtant Bercy, qui a toujours freiné des quatre fers pour fermer les commerces, ne change même pas ses prévisions de croissance pour 2021 : 6% de croissance espéré cette année, malgré ce nouveau mois sous cloche pour le commerce, notamment en Île de France.   

Cet optimisme du gouvernement ne traduit-il pas aussi une réalité : l’économie s’adapte désormais beaucoup mieux à toute nouvelle mesure restrictive ?

L’économie, comme les Français, est forcément résiliente. L’activité avait plongé de 30% au premier confinement. 8% seulement au deuxième, selon l’INSEE. La période de rodage est désormais chaque fois plus courte, les salariés se sont adaptés au télétravail, les consommateurs au "click and collect". Donc la perte d’activité est toujours plus faible.   

Mais le coût pour les finances publiques lui, n’est pas négligeable, en terme de dépenses. Puisque le filet de sécurité se met en place, le fameux "quoi qu’il en coûte". 1,2 milliard de plus par mois d’aides publiques, selon les estimations de Bercy. Entre accès au chômage partiel pour les salariés et au fonds de solidarité pour tous les patron,s dont les commerces sont fermés aujourd'hui.   

Et puis le coût de ces mesures, il est évidemment financier, économique, mais aussi psychologique pour des salariés, des artisans, des entrepreneurs, fatigués de ce "stop and go" régulier, même si ce coût-là, il est évidemment beaucoup plus difficile à mesurer pour l’instant. 

Vous êtes à nouveau en ligne