Le mot de l'éco. Automobile : les grandes manoeuvres avec le projet de fusion PSA-Fiat Chrysler

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Avec l'annonce cette semaine du projet de fusion entre PSA et Fiat Chrysler, c'est l'heure des grandes manœuvres dans l'automobile.

La fusion annoncée cette semaine de Fiat Chrysler et PSA, c'est l’occasion de prendre le pouls de notre industrie tricolore avec les deux constructeurs automobiles français : Renault et PSA. Le futur groupe installerait son siège social au Pays-Bas. 

En ce moment, dans l'industrie automobile française, c’est un peu Jean qui pleure et Jean qui rit. On pourrait d'ailleurs en tirer une série télévisée tant il y a d'anecdotes et de rebondissements depuis un an dans ce secteur, avec ses arrestations, ses coups fourrés, ses trahisons, ses mariages et ses fiancées éconduites.  

Tout a commencé il y a presque un an  

Tout commence le 19 novembre dernier, il y a presque un an, avec l'arrestation de Carlos Ghosn au Japon. Un an plus tard, Renault est en bien piètre état. Avec des résultats commerciaux et financiers décevants, une alliance toujours fragile avec le japonais Nissan, un patron choisi pour sa diplomatie, Jean-Dominique Senard, qui a bien du mal à imposer sa loi, notamment vis-à-vis de l'état français actionnaire, qui a fait capoter il y a quelques mois son projet de fusion avec Fiat-Chrysler. Et donc en miroir, PSA aujourd'hui renforcé.  

PSA qui rit et Renault qui pleure  

Carlos Tavares a bien réussi son coup. Si l'État a douté, au printemps, de la pertinence de la fusion de Renault avec Fiat, c'est en partie grâce au travail de sape opéré par PSA, qui s'est répandu dans tout Paris pour dire à quel point l'opération était mauvaise.  

Quelques mois plus tard, on voit le résultat. C'est Carlos Tavares qui emporte la mise, et la fusion avec Fiat. Jean-Dominique Senard mange son chapeau. Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, assure l'avoir appelé personnellement après l'annonce de la fusion PSA-Fiat pour l'assurer de son soutien, comme quand on relève quelqu'un qui tombe parce qu'on lui aurait fait un croche-patte juste avant la ligne d'arrivée.  

Carlos Tavares doit savourer sa victoire

Le patron de PSA a redressé les comptes d'un groupe automobile moribond quand il arrive aux commandes de l’entreprise en 2013. Depuis, la rentabilité s'est améliorée, de nouveaux modèles ont été lancés, les caisses sont pleines, au point que PSA a racheté Opel et Vauxhall à General Motors il y a deux ans maintenant.

Carlos Tavares, qui avait quitté Renault et l'ombre de Carlos Ghosn pour voler de ses propres ailes, a réussi son pari. Aujourd'hui Renault, géant aux pieds d'argile a vu partir ses cadres et ses ingénieurs chez le concurrent tricolore quand ils n'ont pas pris la porte dans le sillage de l'affaire Ghosn.  

Quant à l'allié Nissan, le constructeur japonais a déjà prévenu qu'il s'apprêtait à publier ses pires résultats depuis 11 ans quand PSA a signé le deal de l'année dans l'industrie automobile, et entre désormais dans la cour des grands, atteignant désormais la taille critique qui permet au groupe d'affronter l'avenir avec plus de sérénité et de marge de manœuvre.

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