Une nouvelle ligne de front, à la frontière entre la Grèce et la Turquie

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Nous posons ce matin le doigt le long du fleuve Evros, qui marque l’une des frontières entre la Grèce et la Turquie. Fleuve que des milliers de migrants poussés par la Turquie tentent de traverser et que les Grecs repoussent.  

Il y a les îles grecques, où les réfugiés tentent de parvenir dans des embarcations de fortune. Et puis il y a cette frontière terrestre, de 212 kilomètres de long, vers laquelle sont poussés des réfugiés. Et repoussés. Car c’est une situation dantesque. Le 28 février, pour faire pression sur l’Europe dans le dossier syrien, le président turc Erdogan décide de laisser passer des dizaines de milliers de réfugiés vers la Grèce. La Turquie héberge 3 millions de migrants, notamment du Moyen Orient : elle a en effet un moyen de pression énorme. Mais la Grèce se barricade. Première porte de l’Europe pour ces migrants, elle ferme sa frontière. Les migrants qui tentent de passer le fleuve Evros sont repoussés. On assiste donc à des scène de guerre. Et Erdogan accentue la pression.

L'extrême droite arrête des réfugiés pour les livrer à la police

Jeudi, Erdogan annonce qu’il déploie plus de 1 000 policiers pour empêcher les migrants de revenir en Turquie. Des policiers turcs, donc, pour pousser les réfugiés à franchir la frontière, qu’ils ne peuvent pas passer, puisque la police grecque les empêche de rentrer. Les grecs ont utilisé des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc et, d’après les turcs, des armes réelles. Athènes utilise la manière forte, hantée par le souvenir de la crise des réfugiés de 2015.  Sans compter les milices de l’extrême droite grecque, qui patrouillent, armes au poing, et arrêtent des réfugiés pour les livrer à la police. 35 000 personnes ont tenté d’entrer en Europe en cinq jours. C’est un chaos généralisé. Dont les réfugiés sont autant les acteurs que les otages.  

La Grèce, c’est l’Europe. Que va faire l’Union européenne?  

Elle apporte son soutien à la Grèce. Des agents de Frontex, l’agence européenne de protection des frontières, vont se déployer dès le 11 mars. Mais chacun sait, à Athènes, Istanbul, Bruxelles ou Paris, que la solution n’est pas là. Cette crise des réfugiés est entre autres la conséquence de l’incapacité à trouver une solution au conflit syrien. Bachar El Assad, toujours en place après neuf années de guerre civile, est un maître de la survie, sur le dos des réfugiés, dont plus personne dans le monde ne veut.

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