Malte : une journaliste assassinée, un Premier ministre en train de chuter

La planète tourne et nous posons vendredi le doigt à La Valette, la capitale de Malte.

Le 16 octobre 2017, la journaliste maltaise Daphné Caruana Galizia était assassinée. Deux ans plus tard, le Premier ministre de l’île Joseph Muscat annonce qu’il va quitter ses fonctions en janvier. Il est soupçonné de graves interférences dans l’enquête. Et une mission d’eurodéputés est arrivée sur l’île pour s’informer sur le degré de corruption. Cette semaine, un témoin clé a été entendu par la justice, confirmant les pires inquiétudes. On dit parfois que le journalisme ne sert à rien. Or justement, dans ce cas, il a servi.  

Daphné Caruana Galizia gênait 

C’était une journaliste maltaise de 54 ans, indépendante, mère de trois enfants, qui travaillait sur le scandale des Panama Papers, vous vous souvenez de cette enquête mondiale. Son travail sort, sa voiture est piégée. Elle est tuée sur le coup. Mais elle a eu le temps de prouver que plusieurs ministres maltais avaient touché des fonds provenant de paradis fiscaux. Et puis se lance le Daphné Project, une opération de Forbidden Stories, un collectif de journalistes qui décident de reprendre les enquêtes en cours des journalistes assassinés. Ils reprennent tout, et au nom de Daphné, avancent. Pour que son meurtre ne soit pas impuni. L’enquête montre que le bras droit du Premier ministre est probablement impliqué dans le meurtre, et qu’il est protégé par le Premier ministre lui-même. L’affaire s’emballe. Un témoin tente de s’enfuir à bord d’un yacht. Le lendemain, des milliers de maltais descendent dans la rue et dénoncent la corruption.  

Le Premier ministre finit par lâcher

On sait que le dernier conseil des ministres a été houleux. Jusqu’au dernier moment, un certain nombre de proches du Premier ministre ont tenté de négocier. Deux ministres démissionnent, le chef de cabinet de Joseph Muscat est entendu par la police. Et quelques heures plus tard, le communiqué tombe : Muscat va se retirer en janvier. Il n’ y a encore aucune condamnation. L’affaire est loin d’être terminée. Mais ceux qui pensaient avoir tué l’affaire en tuant la journaliste se sont trompés. Et le Daphné Project avait raison.

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