L’offensive turque inquiète Téhéran

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La planète tourne et jeudi nous nous arrêtons à Téhéran, qui voit d'un mauvais oeil l'opération militaire turque dans le nord de la Syrie

S’il y a bien une capitale où l’on regarde l’offensive turque avec une grande attention, c’est Téhéran. Mercredi 9 octobre, en fin de matinée, une petite agence de presse iranienne a annoncé que l’armée lançait une série d’exercices militaires à la frontière turque.  D’habitude, les armées préviennent à l’avance de tout type d’exercice. Justement pour éviter que d’autres forces armées ne les confondent avec une guerre. Or, dès la fin de la journée, des forces d’interventions rapides, des hélicoptères et des blindés ont fait leur apparition dans le nord-ouest du pays, à quelques kilomètres des Turcs.  

Quelle est la signification réelle de ces "exercices" ?  

Il est toujours très délicat de décrypter la politique iranienne, tant la puissance perse manie avec subtilité la force, la dissuasion, et la diplomatie. Dès l’annonce américaine d’un début de retrait du nord de la Syrie, ouvrant la voie à cette opération turque, les Iraniens ont fait savoir que l’intervention d’Ankara était une mauvaise idée. Le président Hassan Rohani a pesé ses mots : "L'inquiétude de la Turquie pour ses frontières méridionales est légitime. Nous pensons qu'il faut emprunter une voie correcte pour lever ces inquiétudes." Ce qui veut dire que l’Iran ne veut pas se froisser avec la Turquie, car la question kurde est centrale aussi pour Téhéran : les Kurdes sont répartis entre la Syrie, la Turquie, l’Iran et l’Irak. Et Rohani ne veut surtout pas d’une contagion. L’opération turque pourrait, pourquoi pas, déboucher sur une révolte kurde. Mais dans les mots de Rohani, il y a aussi une menace : il ne faut pas déstabiliser la Syrie.  

En toile de fond, le soutien indéfectible de l’Iran à la Syrie

Depuis le début de la crise syrienne, les Iraniens ont choisi de soutenir le régime de Bachar al-Assad. De le soutenir, mais surtout de le contrôler. C’est grâce à des forces spéciales iraniennes que le régime a pu survivre à la guerre. Avec l’aide de Moscou, les Iraniens surveillent Bachar al-Assad.  En demandant aux groupes armés kurdes de Syrie de se mettre sous l’autorité de Damas, Téhéran renforce encore son emprise et tente d’éviter une propagation des combats. Il y a peu de chances que les Kurdes acceptent une telle proposition. Mais ce qui est sûr, c’est que personne n’a intérêt à voir Téhéran déployer sa puissance au Kurdistan.

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