Le Kurdistan, ce pays qui n'existe pas

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La planète tourne et mercredi nous posons le doigt au Kurdistan.

Parfois, il faut remonter un tout petit peu en arrière pour essayer de comprendre ce que l’on a sous les yeux. Les Kurdes sont un peuple très ancien, présent dans cette région depuis l’Antiquité. Ils sont aujourd’hui entre 30 et 40 millions, répartis entre quatre pays : la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran. À la fin de la Première Guerre mondiale, les puissances occidentales qui se partagent le Moyen-Orient promettent aux Kurdes un État. Une promesse qui ne verra jamais le jour. Les Kurdes parlent des langues proches, originaires de Perse, mais pas identiques et sont en majorité musulmans, sunnites. Mais en dehors de ces points communs, ils mènent, chacun dans les pays où ils habitent, des luttes différentes.  

Le Kurdistan n'est resté qu'un rêve

On peut dire qu’il y a rêve de Kurdistan. Mais ce rêve s’est, au cours des cinquante dernières années, écrasé sur la réalité des régimes et des pays qui les oppressent plus ou moins. Et qui ont en commun de ne vouloir à aucun prix d’un État Kurde. Ankara, Damas, Bagdad et Téhéran ne veulent pas perdre une once de territoire au nom du rêve kurde. Du coup, chacun dans leur coin de montagne ou de désert, les Kurdes se sont organisés. Soit en mouvement politique autonomiste, soit en organisation armée de lutte pour l’indépendance. Il y a eu des avancées, et beaucoup de reculades. Beaucoup de combats, beaucoup de morts, souvent du côté kurde. La guerre en Syrie, depuis 2012, a changé la donne.  

Les Kurdes, des alliés des Occidentaux ?

Quand l’État islamique a étendu son emprise sur le territoire syrien, les Kurdes ont mené le combat, aux côtés des Occidentaux, contre Daech. Sans les avions français et américains, la victoire n’aurait pas été possible. Mais sans les combattants kurdes au sol, c’était impossible, aussi. C’est cette alliance qui a fait croire aux Kurdes de Syrie qu’ils pouvaient créer leur État, le Rojava. Un petit bout du territoire syrien dans lequel s’est essayé un petit état kurde non reconnu : pour une fois, les rêves devenaient réalité, même à toute petite échelle. Mais la Turquie ne veut pas de cet État qu’elle considère menaçant. La suite, c’est ce que nos reporters nous racontent jour après jour sur le terrain.

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