L’Afrique du Sud sous le feu des critiques des Africains

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Violences, xénophobie, crise économique : l'Afrique du Sud va mal.  

 Il fut un temps ou l’Afrique du Sud était un modèle pour les Africains. Où tout un continent ou presque se mobilisait pour aider une nation à mettre fin à l’un des régimes les plus racistes du monde. Ce temps-là est est révolu, et en un message, le président nigérian a renversé la donne : il annonce le rapatriement de plus de 600 Nigérians chez eux, aux frais du Nigeria. Il n’exclut pas des rapatriements plus massifs. Et demande à l’Afrique du Sud de tout faire pour mettre fin à la vague de violence xénophobe. Le Nigeria, c’est le pays le plus peuplé d’Afrique. Et avec l’Afrique du Sud, ils sont les deux premières économies du continent.  

Que s’est-il passé pour en arriver là ?  

L’Afrique du Sud est en pleine crise économique, avec un taux de chômage de 29%, une population de plus en plus pauvre. Le rêve de la fameuse nation Arc-en-ciel est bien mis à mal. Or le pays a longtemps été l’eldorado pour de nombreux migrants africains, venus parfois de l’autre bout du continent.

Après la fin de l’apartheid, attirés par les perspectives d’une nation qui bâtissait une nouvelle donne, de nombreux Africains pauvres se sont fait une place, notamment dans la plus grande ville, Johannesburg. Mais la pauvreté et les difficultés grandissantes ont conduit à des violences xénophobes, entre pauvres sud-africains et migrants qu’ils accusent de leur voler les emplois. Régulièrement, des vagues de violence ont éclaté. De plus en plus fréquentes, de plus en plus violentes. Il y a dix jours, plus de dix personnes ont été tuées dans des incendies de voitures et de magasins. En quelques jours, c’est devenu trop. 

Rapatriements, annulations de concerts et de matchs

En plus de l’annonce du rapatriement de migrants nigérians, d’autres pays ont protesté : Madagascar et la Zambie ont annulé la venue d’équipes de football pour des matchs. Des vedettes  de la pop africaine ont annulé leurs concerts. La vague de protestation est d’autant plus forte que les pays africains concernés par ces assassinats de migrants sont parmi ceux qui ont soutenu, défendu, aidé, accompagné la lutte de l’Afrique du Sud contre l’apartheid.    

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