La pression internationale s'accentue sur la Russie, Navalny au plus mal

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Le principal opposant russe est emprisonné depuis le mois de février et il va mal. D'après ses proches, son état de santé ne cesse de se détériorer, et ce week-end, plusieurs pays se sont inquiétés.

Alexeï Navalny ne va pas bien du tout. Et plus ses proches crient pour demander de l'aide, plus il souffre en silence. L'opposant est incarcéré dans le centre pénitentiaire de Pokrov, à une centaine de kilomètres de Moscou. Il ne dort pas. Les gardiens le réveillent jusqu'à huit fois par nuit. Moscou dément un tel traitement, assurant que l'opposant "dort dans un bâtiment avec beaucoup d'autres détenus et aucun ne se plaint d'être réveillé la nuit par les lumières des gardiens."

Alexeï Navalny, lui, n'en peut plus. Son état de santé se dégrade depuis des semaines. Il a extrêmement mal au dos, ne sent plus ses jambes, sa main gauche et a perdu 15 kg depuis qu'il est enfermé en février, selon ses proches. Ses partisans ont fait une manifestation devant la prison au début du mois. Ils réclamaient que des médecins de l'extérieur puissent venir voir l'opposant de 44 ans. Accès refusé. Les autorités estiment qu'il reçoit déjà tous les soins dont il a besoin.

Navalny a entamé une grève de la faim le 31 mars pour dénoncer ses conditions d'incarcération. Dimanche 18 avril, un de ses médecins confiait qu'il risquait un arrêt cardiaque "d'une minute à l'autre." Selon ses proches, les autorités pourraient décider de le nourrir de force, une torture pour eux mais la loi russe l'autorise.

 "S'il meurt, il y aura des conséquences"

Tout au long du weekend la pression est montée et de nombreux pays ont réagi. D'abord avec Joe Biden, qui a jugé la situation de Navalny « totalement injuste » samedi. Le lendemain, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Jack Sullivan, est venu sur CNN avec cet avertissement : "Si Navalny meurt, il y aura des conséquences", sans en dévoiler la nature. En Europe, la France s'est dit "extrêmement préoccupée." Jean-Yves Le Drian a dénoncé "une dérive autoritaire en Russie". Pour le ministre des affaires étrangères, "la responsabilité" du président Poutine est "majeure."

 

L'Allemagne, qui avait accueilli Navalny après son empoisonnement en août, a réclamé de lui "fournir un traitement médical adéquat de manière urgente", avec un médecin en qui l'opposant "a confiance."

Moscou a réagi mais indirectement. Le Kremlin a laissé un de ses ambassadeurs faire le travail. À Londres, lors d'une interview à la BBC, l'ambassadeur russe, Andrei Kelin a assuré que son pays "ne laissera pas mourir Navalny en prison", estimant que pour l'instant, la bête noire du régime se comportait "comme un hooligan qui veut attirer l'attention."

 Une manifestation pour "sauver sa vie"

Les chefs de la diplomatie européenne se réunissent ce lundi pour discuter de la situation de Navalny. L'Europe et les États-Unis ont déjà pris des sanctions en février et en mars contre des entités et des hauts responsables russes proche de Poutine. On voit bien, que cela n'a servi à rien dans ce dossier. En Russie, les partisans de Navalny, eux, appellent au rassemblement. Une date est fixée : le 21 avril. Et ce n'est évidemment pas choisi au hasard. Mercredi, Vladimir Poutine prononcera son discours annuel devant le Parlement sur les "objectifs" de développement de la Russie. Ses opposants espèrent réunir des centaines de milliers de personnes : "Il ne d'agit plus de liberté mais de la vie" d'Alexei Navalny, s'alarment-ils. Ils veulent faire de ce rassemblement "la plus grande manifestation de l'histoire de la Russie moderne."

 

Des manifestations de soutien à Navalny ont déjà été organisées en janvier et février. Des dizaines de milliers de Russes avaient bravé le froid pour s'y rendre. Rassemblements réprimés par les autorités qui avaient arrêté 11 000 personnes. Et si le passé ne refroidit pas les opposants, le régime a déjà pensé à l'avenir. Le parquet russe a demandé vendredi à ce que plusieurs organisations liées à Navalny soient déclarées "extrémistes" et donc... interdites en Russie. Cela veut dire que les collaborateurs de Navalny pourraient risquer de lourdes peines de prison s'ils bougent publiquement.

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