La présidente taïwanaise au sommet de sa popularité, sauf à Pékin

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La planète à l’heure de la pandémie. En Asie, la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen vient d’être investie pour son second mandat. Cette femme qui tient tête à la puissance de Pékin entame ce mandat avec une popularité record.

En janvier, elle était facilement réélue pour un second mandat de présidente, plébiscitée par les 23 millions de Taïwanais qui louent son courage et sa détermination. Hier, elle prêtait serment. Entretemps, la crise du coronavirus l’a rendue encore plus populaire : Tsai Ing-wen est soutenue par 73% des Taïwanais.

Sans jamais confiner la population, mais en imposant de strices mesures dès le tout début de la pandémie, la petite île a réussi à ne compter que sept morts. Surveillance de l’épidémie, port du masque, distanciation, isolation des malades : tout a été mis en œuvre pour que la pandémie soit freinée, et avec succès. Au point que Taïwan a servi de modèle pour beaucoup de pays. Mais ce succès a encore plus agacé la Chine. Et le discours d’investiture de la présidente a déclenché les foudres de Pékin.

Des relations tendues avec la Chine depuis 1949

Pour Pékin, Taïwan c’est la Chine ! Mais Taïpeh ne reconnaît pas le régime communiste. Et cela dure depuis 1949 : quand est proclamée la République Populaire de Chine par Mao, les derniers nationalistes se réfugient à Taïwan, proclament la République de Chine, et coupent les liens avec Pékin. Au fil des ans, s’y développe une vraie identité taïwanaise, et le sentiment indépendantiste se renforce. Ce qui rend Pékin fou de rage, puisque le régime veut imposer à l’île le même système qu’à Hong Kong, c’est-à-dire une intégration plus ou moins progressive.

Or la présidente est adroite. Très. Elle est issue du parti indépendantiste, mais prononce rarement le mot. Claire, calme, efficace. Malgré la pression militaire : des dizaines d’incursions maritimes et aériennes chinoises. Malgré la pression diplomatique : l’ile n’a pas pu intégrer l’OMS en raison des pressions de Pékin.

Statu quo

Tsai Ing-wen place Taïwan en île chinoise qui partage des valeurs avec de nombreux pays (29 la soutiennent déjà). Elle renouvelle son offre de dialogue avec Pékin, à condition que le président Xi Jinping accepte une coexistence. Elle propose un statu quo pacifique et stable. Cette politicienne de 63 ans tient tête. Elle repart pour quatre années délicates. La réponse de Pékin à son discours a été immédiate : la Chine ne tolèrera jamais la sécession de Taïwan.

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