Jérusalem-Est ou "à l’est de Jérusalem" : un arrangement géographique qui n’est pas un plan de paix

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La planète tourne et nous posons le doigt à Jérusalem, que le plan de Donald Trump prévoit de donner intégralement à l’État d’Israël.

Dans le plan de paix pour le Proche-Orient proposé mardi soir par Donald Trump, il y avait une phrase à ne pas manquer. Le président américain a déclaré que Jérusalem est la capitale indivisible d’Israël mais que les Palestiniens pourront avoir une capitale "Eastern Jerusalem". Au début, on a pu croire qu’il s’agissait de Jérusalem-Est, ce qui est prévu par les conventions internationales et exigé par les Palestiniens. Mais en fait non, le président américain a bien dit "à l’est de Jérusalem", et le plan précise que la ville d’Abu Dis pourrait devenir la capitale d’une future Palestine.

Abu Dis, c’est une banlieue palestinienne, mais ce n’est pas Jérusalem, que Donald Trump a d’ailleurs déjà reconnue comme capitale. Il  a précisé que les Palestiniens pourraient aller prier à la mosquée "d’Al Aqua", qui s’appelle en fait Al Aqsa. Construite au VIIe sièce, elle est le troisième lieu saint de l’Islam et c’est l’un des enjeux majeurs des négociations.

Un camouflet pour les Palestiniens 

L’ONU l’a rappelé lundi soir : la seule frontière acceptable est celle de 1967, c’est-à-dire juste avant qu’Israël n’annexe la partie arabe de Jérusalem, dans l’est, et non pas à l’est, de la ville. Benyamin Netanyahu a parfaitement résumé le plan de Donald Trump : "Les spécialistes de l’immobilier pensent à des choses auxquelles les autres ne pensent pas." C’est justement un transfert immobilier, sans tenir compte ni de l’histoire ni du droit. Tous les plans de paix précédents, comme Camp David en 1978 ou Oslo en 1991, respectaient la partition de Jérusalem. Le pari de Donald Trump, reposant sur un deal financier pour les Palestiniens, ainsi qu'une annexion de Jérusalem et de la vallée du Jourdain, n’est pas un plan de paix mais un accord de vainqueur contre des vaincus. Les Palestiniens doivent se plier à toutes les conditions d’Israël.  

Quel avenir pour ce plan ? 

Sans attendre, Benyamin Netanyahu a annoncé que l’armée se déploierait dimanche en Cisjordanie pour établir la nouvelle carte des territoires. C’est une manière de dire aux Palestiniens qu’ils n’ont que le choix d’accepter un plan qui les oblige à renoncer à l’essentiel de leurs revendications historiques et politiques. Mais Benyamin Netanyahou tente en ce moment se sauver son pouvoir. Il n’est pas encore écrit que la classe politique du pays le suive. N’en déplaise à l’agent immobilier devenu président, pour qui la paix au Proche-Orient se règle avec de l’argent et un coup de gueule, comme s’il s’agissait d’un conflit entre deux voisins un peu bruyants.

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