Coronavirus : en Afrique et en Iran, des cas mais peu d'informations

La planète tourne et ce matin nous posons le doigt dans deux zones du monde qui posent des questions importantes sur le coronavirus. D’abord l’Afrique, où finalement on sait peu de choses. Et l’Iran, deuxième foyer après la Chine. 

En Afrique, très peu de cas mais alerte maximale

Officiellement, deux cas seulement sur le continent africain : l’un en Egypte, et l’autre depuis hier en Algérie. Mais l’OMS a fait savoir qu’il était difficile de savoir s’il y avait d’autres cas, et surtout que la propagation du virus pourrait être rapide sur le continent, au vu de la faiblesse générale du système de soins et de préventions.   La très sérieuse revue scientifique britannique The Lancet a publié hier une étude révélant que les trois pays les plus menacés étaient justement l’Egypte, l’Algérie et l’Afrique du Sud. The Lancet a analysé le trafic aérien, la densité des échanges et le nombre de passagers qui passent ou reviennent de Chine. Et ces trois pays remplissent le plus de critères.

Depuis une dizaine d’années la Chine a développé des liens économiques et commerciaux tellement denses en Afrique que l’alerte est à son maximum, mais les populations très peu au courant. Le continent manque aussi d’appareils d’assistance respiratoire, indispensables pour éviter les décès. Conscient du danger à long terme, le président chinois Xi Jingping vient d’annoncer qu’il était prêt à envoyer médecins et matériel médical en urgence partout en Afrique pour aider à dépister et soigner.    

En Iran aussi, la situation est complexe

L’Iran compte officiellement 19 morts et plus de 140 personnes contaminées, ce qui en fait aujourd’hui le deuxième foyer après la Chine. Pour la seule journée d’hier, les autorités ont annoncé 44 nouvelles contaminations et 4 nouveaux décès.   Après une période de flottement, et cette scène incroyable du ministre de la Santé tombant malade en direct à la télévision - son cas a été confirmé le lendemain -  les Iraniens prennent des mesures fortes. Pas de quarantaine, mais des checkpoints à l’entrée des villes, dans un pays qui compte plusieurs lieux de pèlerinage importants. Le foyer serait justement dans la ville sainte de Qom, où des milliers de chiites se pressent chaque jour. Les entrées des mausolées de plusieurs imams ont étés limitées. L’Iran est accusé par les Etats-Unis de cacher la réalité de la propagation de l’épidémie, mais c’est pour le moment impossible à vérifier.  

Les pays voisins de l’Iran : l’Irak, l’Afghanistan et le Pakistan, tentent de mettre en place des contrôles aux frontières. L’Afghanistan et le Pakistan ont en commun d’avoir des frontières avec la Chine et l’Iran, et d’avoir des systèmes de soin très faibles. Le Pakistan a annoncé ses deux premiers cas hier, et à Kaboul, la peur commence à gagner les médecins : le système médical est tellement faible qu’un foyer d’épidémie serait catastrophique.  

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