Cisjordanie : colonies ou implantations israéliennes, de quoi parle-t-on?

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Mercredi, nous posons le doigt dans les colonies israéliennes, après l’annonce américaine de la reconnaissance de leur légalité.  

Washington ne considère plus les colonies israéliennes contraires au droit international. Avant de se demander quelle est la signification de l’annonce américaine, lundi 18 novembre, il est important de se rappeler de de quoi on parle. Après la guerre des Six Jours en 1967, une ligne de démarcation est instaurée entre Israël et la Cisjordanie. Très rapidement, les Israéliens installent des petits campements à l’extérieur de leur frontière. Soit pour des raisons religieuses, parce qu’ils estiment que ces terres sont bibliques, soit, le plus souvent, pour des raisons économiques. Ils ne les appellent pas colonies, mais implantations.

Au début, il ne s’agit que de petits villages, voire même de campements. Ils sont illégaux, au regard du droit international, mais tolérés. Puis, d’année en année, Israël commence à en faire une politique : des gens sont encouragés à aller vivre de l’autre côté de la ligne. Pour ne pas céder de terrain, pour montrer sa supériorité militaire, ou tout simplement pour désengorger des agglomérations israéliennes. Ainsi, Modi’in, qui était un tout petit village, est devenue une ville de 70 000 habitants, qui ressemble à une vraie ville, avec ses écoles, ses supermarchés, ses routes, etc…

Un Israélien sur 10 est aujourd’hui un colon

L’ONG israélienne B’Tselem dénombre un peu plus de 600 000 colons, dont 200 000 à Jérusalem-Est, puisque cette partie de la ville en théorie arabe fait partie du plan de conquête israélien. Ce qui veut dire qu’un Israélien sur 10 est aujourd’hui un colon. Il y est fortement encouragé par l’État, qui propose des logements sociaux, des avantages fiscaux, des écoles plus nombreuses, etc. Ces deux dernières années, il y a eu une très forte augmentation des installations en Cisjordanie, sous la houlette de Benyamin Netanyahou.  

Cela reste illégal, selon certains, mais plus pour les Américains depuis le 18 novembre. Pas pour le gouvernement israélien qui considère que c’est son droit et sa terre. Mais pour le reste du monde, oui. Malgré toutes les demandes, par exemple de l’Union Européenne, la colonisation se renforce. Le coup de pouce apporté par Donald Trump entérine de fait ce que les Américains ne disaient pas clairement : ces 257 villes et villages n’appartiennent plus aux Palestiniens.

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