C’est le nouvel an en Iran, mais il est interdit de le célébrer pour cause de coronavirus

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Ce matin nous posons le doigt à Téhéran, la capitale iranienne. Le pays est très touché par l’épidémie. Et les autorités, accusées d'avoir réagi très tardivement, prennent des mesures.

L’Iran s’approche du cap symbolique des mille morts, avec 988 décès annoncés mardi soir, et plus de 16 000 personnes infectées. Avec la Chine, l’Iran est l’un des pays touchés le plus tôt par l’épidémie, et a mis du temps à réagir… Mais finalement pas tellement plus que certains pays occidentaux, à commencer par les Etats-Unis qui critiquaient l’attitude de Téhéran. L’Iran a mis en place une plate-forme en ligne où l’on peut déclarer ses symptômes et avoir une réponse. En quelques jours, 15 millions de personnes se sont connectées, sur 80 millions d’habitants. Le principe est d’aiguiller les malades vers les bons médecins pour ne pas engorger le système hospitalier, déjà débordé.  

Des mesures très strictes pour le Nouvel An iranien  

Norouz, c’est le nouvel an persan, le début du printemps, et c’est le moment où des millions d’Iraniens se jettent sur les routes pour retrouver la famille. Cette année Norouz sera triste : les autorités appellent les gens à ne pas bouger, et dans plusieurs régions, les hôtels ont étés fermés pour dissuader toute tentative. Hier devait avoir lieu la fête du feu, où les Iraniens se rassemblent dans les rues autour de grands feux pour entamer Norouz : tout a été interdit, annulé. Le régime, qui doutait de la réalité du virus il y a encore quelques semaines, supplie désormais le pays de prendre la menace au sérieux.  

Mesures spectaculaires aussi dans les prisons

Il y a des dizaines de milliers de prisonniers politiques en Iran, opposants au régime. Enfermés par les gardiens de la Révolution qui traquent ceux qui dénoncent les dérives du système. Problème : le virus, dans des conditions sanitaires déplorables, se déplace vite. Le régime a fini par entendre l’appel des Nations Unies, et a libéré hier plus de 85 000 prisonniers, dont beaucoup de détenus politiques. C’est une libération dite "provisoire", pour désengorger les prisons. Le régime espère ainsi ne pas aggraver sa situation, et en profite peut-être pour libérer des détenus dont il ne savait plus comment justifier la détention !

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