Aux États-Unis, on ne peut plus prendre l'avion avec un cochon ou un dindon

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Les compagnies aériennes américaines ne veulent plus voir leurs passagers embarquer avec d’improbables animaux de compagnie, au prétexte qu’ils leur servent de réconfort.

L’inflation était telle que c'en était devenu ingérable. Aux États-Unis, les compagnies aériennes ont vu passer des cochons, des perroquets, des singes, des canards (et ses variantes : oie, dindon...), des chevaux miniatures ou même un paon que son propriétaire voulait absolument faire monter à bord.

Après deux ans de réflexion et de consultations tous azimuts pour essayer d'encadrer les choses - et de satisfaire tout le monde, des propriétaires au personnel navigant -  le ministère des Transports a tranché. Il est allé au plus simple en n'autorisant en cabine qu'une seule espèce, le meilleur ami de l'homme : le chien. Sans distinction de race ou de taille. Un chien en deux exemplaires en cas de nécessité. Mais plus aucune autre bestiole à poils, à plumes ou à écailles, sauf évidemment si elle tient dans une cage hermétiquement fermée que vous pouvez glisser sous le siège. 

Animaux de "soutien émotionnel" 

Les passagers ne pourront donc désormais embarquer qu’avec un chien "d'assistance", c'est-à-dire spécifiquement dressé pour vous aider si vous êtes en situation de handicap. On ne va pas évidemment vous interdire de voyager avec un chien guide d'aveugle. 

Mais aux Etats-Unis, il existe une autre catégorie, "l'animal de soutien émotionnel", enregistré comme tel avec sa carte d'identité. Un animal qui jusqu'ici pouvait lui aussi vous accompagner gratuitement en cabine, quelle que soit son espèce. À condition de prévenir la compagnie 48 heures avant le vol, et de produire une lettre de diagnostic médical mentionnant vos troubles psychologiques ou psychiatriques, et le fait que vous ne pouviez pas voyager sans votre compagnon à deux ou à quatre pattes. 

Un animal de réconfort peut par exemple vous aider à mieux vivre une dépression ou un deuil, à maîtriser des bouffées d’angoisse ou des crises de panique. À ce titre, il était donc possible de voyager avec sa dinde ou son cochon, de le garder sur ses genoux ou de le balader dans l'allée centrale pour vous aider à passer l'épreuve du voyage. 

750 000 demandes en 2017 

En 2017, la United Airlines a enregistré plus de 750 000 demandes de transport pour des animaux de soutien émotionnel (quasiment deux fois plus que l'année précédente), et ça n’a pas cessé d'augmenter. Toutes les compagnies ont fini par être complètement débordées.

Mais ces animaux sont rarement dressés : ce sont de simples animaux de compagnie, que leurs propriétaires considèrent comme une source de réconfort, pas des bêbêtes habituées à se tenir comme il faut pendant plusieurs heures de vol en milieu confiné. 

Si de nombreuses données scientifiques indiquent que se trouver à proximité ou vivre avec des animaux présente incontestablement des bienfaits, certains propriétaires ont fait un usage abusif de cette disposition, après tout, c’est plus sympa de faire voyager Médor à côté de soi plutôt qu’en soute, surtout si on n’a pas à payer le billet.  

 Des problèmes de sécurité 

Le problème, c’est que certains animaux se sont révélés aussi peu civiques que leurs maîtres. L'été dernier, une hôtesse d'American Airlines a reçu cinq points de suture après avoir été mordue par un chien "de soutien émotionnel". De nombreux incidents de ce genre ont donné lieu à des poursuites judiciaires. Certains animaux représentant un danger pour le personnel naviguant ou les passagers. 

Sans compter les réactions indignées des autres voyageurs, allergiques aux poils de chats, indisposés par l'odeur d'une dinde ou les grognements d'un cochon. L’industrie du transport aérien a envisagé un temps de demander une attestation certifiant que l’animal savait se comporter correctement : c'était un peu compliqué. Elle s'est limitée à demander que les animaux soient propres et ne dégagent pas d’odeur.  

En 2018, American Airlines avait malgré tout dû publier de nouvelles directives pour interdire aux animaux de réconfort d’occuper un siège à part entière ou de grignoter de la nourriture sur la tablette de leur siège. Après plusieurs mauvaises expériences, elle avait également fini par interdire les furets, les hérissons et les chèvres, les volailles et les serpents, mais pas les chevaux nains, qui eux savent bien se tenir. Désormais eux non plus n’auront plus le droit de prendre l’avion en cabine. 

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