A Tel Aviv, la mort de l’ambassadeur chinois

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Du Wei était le nouvel ambassadeur de Chine en Israël. Arrivé dans le pays en février, il avait observé une quarantaine avant d’entrer en fonction officiellement.

Dimanche matin, Du Wei, 57 ans, est mort derrière les hauts murs de sa résidence, à Herzilya, une banlieue huppée de Tel Aviv. Sa femme et son fils n’étaient pas avec lui. La police israélienne a immédiatement investi les lieux, mais les autorités chinoises ont fait savoir que le nouvel ambassadeur de Chine, qui était arrivé dans le pays en février dernier et avait observé une quarantaine avant d’entrer en fonction officiellement, était mort de "manière inattendue et sans doute pour des raisons de santé". Le mystère, s’il y en a un, risque de se prolonger, car ni les Chinois ni les Israéliens n’ont envie de projeter de lumière sur ce décès.

La Chine est très présente dans le pays, au point d’agacer le puissant parrain américain. La semaine dernière, alors qu’il était en visite en Israël, le chef de la diplomatie américaine a demandé aux Israéliens de limiter les investissements chinois dans les secteurs de la technologie. Or, c’était précisément le rôle du nouvel ambassadeur : renforcer les positions chinoises à Tel Aviv.

Des liens économiques qui n'agacent pas que les Américains

Un jeu compliqué pour Israël, qui ne peut se brouiller avec les États-Unis, mais a laissé Pékin entrer dans son économie. Les grandes entreprises de la High Tech chinoises ont désormais des centres de recherches à Tel Aviv, et collaborent étroitement avec les sociétés de pointe israéliennes. La Chine a aussi pris des parts dans des sociétés du pays, dans les domaines de l’agroalimentaire, des infrastructures routières, ou dans les ports : en 2018, Pékin a investi 14 milliards de dollars dans le pays.

La mort de l’ambassadeur n’a peut-être rien à voir avec l’offensive chinoise sur le pays. Rien n’indique en effet que nous soyons là dans un polar d’espionnage. Mais les Israéliens et leurs nouveaux alliés chinois se seraient bien passés de cette affaire. Car si les Américains sont très énervés par l’argent chinois en Israël, ils ne sont pas les seuls. Dans le pays, des voix s’élèvent contre le Premier ministre Benjamin Netanyahou, qui est accusé de brader des fleurons nationaux aux investisseurs de Pékin.

D’autres rappellent que les liens sont anciens : l’Etat hébreu a été le premier pays du monde à reconnaître la République Populaire de Chine en 1949. Et le mythique David Ben Gourion prédisait que la Chine deviendrait un jour la première puissance du monde.

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